Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Le gouvernement jubile : le chômage serait en baisse de 26.300 demandeurs d’emploi en avril 2006 et de 212.000 en un an.
Comment ont-ils pu disparaître des fichiers de l’ANPE ?
Regardons les chiffres de près. La réponse n’est pas dans l’emploi marchand qui continue de tourner au ralenti : 5.000 à 6.000 par mois au cours des 12 derniers mois. Les sorties de l’ANPE pour reprise d’emploi sont en baisse de 7,2%, tout comme les entrées en stage (moins 14%). Les offres d’emploi déposées à l’ANPE sont en chute libre : 30.000 de moins qu’en mars 2006, soit moins 11%.
Où est donc l’explication ? D’abord dans la comptabilisation des chômeurs. Ils sont répartis en huit catégories. Seule la catégorie n°1 est prise en compte. Si on considère les 7 autres catégories, qu’on y ajoute les dispensés de recherche d’emploi, les chômeurs en ASS, les non-inscrits, principalement des jeunes qui n’ayant aucun droit ne voient pas l’utilité d’être convoqués et contrôlés, on arrive sans exagération à près de 5 millions de personnes.
Ensuite, il faut ajouter les radiations : 45.000 personnes supplémentaires ont ainsi quitté les fichiers de l’ANPE au cours de trois derniers mois (181.000 par mois contre 166.000 par mois précédemment), soit près des ¾ de la baisse du chômage sur la même période.
Enfin, l’autre explication réside non pas dans l’action du gouvernement mais dans la baisse de la population active, conséquence du départ en retraite des baby boomers.
Conclusion : le chômage continue de progresser au rythme des plans sociaux, des fermetures d’entreprises et des délocalisations. L’autosatisfaction du gouvernement s’appuie donc sur une opération de camouflage.