Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Tous les encenseurs du capitalisme se démènent comme des beaux diables. Non, non, le système n’est pas en cause. La crise financière, et maintenant de plus en plus sociale, que nous vivons, serait le fait de quelques aventuriers. En définitive, il conviendrait de corriger quelques excès pour que tout reparte comme avant.
Sarko, qui n’est pas en reste dans ce chœur, rêve d’un retour à un capitalisme d’entrepreneurs. Et il n’hésite pas à tancer les banquiers, après les avoir copieusement abondées avec des milliards déversés dans un tonneau sans fond.
Il sera difficile de nous faire croire que tout est la faute du trader de la Société Générale, qui a fait perdre à sa banque 5 milliards €, ou de celui de la Caisse d’Epargne, qui a dilapidé 750 millions.
L’affaire des subprimes aux Etats-Unis est emblématique de ce que le capitalisme est devenu. Il n’a plus rien à voir avec les entrepreneurs de Sarko, avec les capitaines d’industrie qui, certes, exploitaient les salariés, mais fondaient leur fortune sur des richesses créées répondant à des besoins humains.
Nous n’en sommes plus là du tout. Le capitalisme mondialisé, c’est d’abord de la finance à l’échelle de la planète ; c’est l’inacceptation de toute entrave à sa circulation, à sa prolifération.
Les subprimes, de ce point de vue, ne sont rien d’autre qu’une volonté de grossir le magot en bâtissant sur du sable et à mesure que l’enrichissement ne fonctionne plus que sur une bulle financière, il devient un cancer car non seulement il ne repose plus sur de l’économie réelle mais il mobilise l’argent contre cette dernière.
Alors, ne rêvons pas trop vite. Le capitalisme a cette souplesse, cette plasticité qui lui confère une extraordinaire capacité d’adaptation.
Mais il est clair que nous sommes au bout d’un cycle, celui de la dérégulation ouvert par l’ère Reagan- Thatcher, dans la lignée de laquelle Sarko s’inscrivait et s’inscrit toujours, si nous considérons ces dernières mesures annoncées en faveur d’une plus grande précarité du travail. Dérégulation, toujours dérégulation.
Un système est à bout de souffle quand il constitue un frein au développement des forces productives. Le féodalisme, par le morcellement et l’étanchéité des territoires et des pouvoirs, constituait un obstacle à l’essor du commerce, au développement des techniques, au déploiement de la main d’œuvre, alors que la bourgeoisie était la classe montante incarnant cette exigence d’ouverture et de mouvement. Il en est mort.
Comparaison n’est pas raison, mais voyons bien que le capitalisme financier mondialisé, par sa déconnection de la création des richesses, débouche sur des crises, telle celle que nous connaissons en ce moment, qui font de lui une entrave au développement de la société.
La pauvreté s’étend sans cesse davantage tandis que, seules, quelques individus affichent une richesse insolente, non sans rappeler le visage d’un ancien régime finissant.
Et entre les deux, les couches moyennes, celles que le système était parvenu à intégrer, se précarisent, s’inquiètent face à l’avenir, pour elles et leurs enfants.
Il existe décidemment du champ pour ceux qui considèrent que le capitalisme n’est pas l’organisation éternelle des sociétés humaines.