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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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91EME EXECUTION DANS LES PRISONS FRANÇAISES

91 détenus ont mis fin à leurs jours, depuis le début de l’année 2008, dans les prisons françaises.

L’observatoire international des prisons (OIP) constate que le nombre de suicides représente 18% de plus que l’année dernière à la même époque.

L’émotion que cette situation suscite est d’autant plus vive que les cas se sont multipliés ces dernières semaines et ont concerné des mineurs.

Cinq jeunes se sont donné la mort en détention en quatre mois.

Le 8 octobre, il s’agissait d’un adolescent de 16 ans et demi retrouvé pendu avec un drap dans sa cellule de Metz après son transfert de la maison d’arrêt de Strasbourg. Il avait déjà fait une tentative de suicide.

Le 6 octobre, Nabil, un jeune de 16 ans, l’avait précédé à la prison de Metz.

28 maisons d’arrêt ont été concernées par de tels actes. Le nombre en est d’ailleurs sans doute plus élevé, si nous considérons que sur 91 cas recensés, pour 36 d’entre eux, l’administration pénitentiaire ne précise pas l’établissement dans lequel ils ont eu lieu.

Ces drames ne peuvent que nous interroger sur l’état de l’institution pénitentiaire, sur l’écart croissant entre ses missions dans un Etat républicain de droit et la réalité de ce qu’elle est devenue.

L’inhabituelle mobilisation des acteurs de la justice, ce jeudi, témoigne de l’inadaptation et des dérives de la politique pénale poursuivie.

La répression en est le ressort essentiel et l’enfermement son mode de mise en œuvre.

Le refus de l’impunité que réclament nos concitoyens ne peut se résumer en une mise au ban de la société mais doit s’accompagner de l’objectif de réinsertion des délinquants.

Aujourd’hui, l’instauration de « peines-planchers », qui remet en cause l’individualisation de la peine, c’est-à-dire la prise en compte de la spécificité de chaque prévenu et l’exigence d’une réponse adaptée, a jeté un prison des jeunes et accru la surpopulation carcérale.

Un détenu sur cinq à moins de 25 ans et un sur deux moins de 35 ans.

Comment de telles réponses pénales ne nourriraient-elles pas la détresse de personnes inaptes à affronter un châtiment, qui n’a rien de pédagogique, dans des prisons reconnues irrespectueuses de la dignité humaine ou règne la violence, l’oisiveté et la dépravation.

Comment ne pas mettre en rapport cette vague de suicides avec une surpopulation qui bat tous les records (64 250 détenus pour 50 800 places) ?

Comment ne pas comprendre que ces gestes correspondent à des pertes d’espoir de détenus qui voient de moins en moins de perspectives de réinsertion à mesure que la justice allonge les peines et que les réponses alternatives (bracelets électroniques, semi-liberté etc.…) sont dérisoirement utilisées.

Dans le rapport parlementaire paru en 2000, « La France face à ses prisons », il était noté : « il ne peut-être exigé du détenu de respecter à sa sortie des règles de la société si le fonctionnement de l’institution carcérale n’a pas lui-même respecté le détenu en tant que sujet de droit ».
A méditer vite, Mme Dati !

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