Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

Publicité

LA BOURSE OU LA VIE

Les déclarations rassurantes des banques françaises et de Christine Lagarde, la ministre des finances, sont évidemment destinées à empêcher que, nous, titulaires de comptes bancaires, ne cédions à la panique.

Elles n’en dissimulent pas moins l’ampleur et la signification de la crise financière planétaire qui s’opère sous nos yeux.

L’évolution du capitalisme mondial conduit à cette réalité : la spéculation, les énormes bulles financières qui en résultent ont pris le pas sur l’économie réelle, celle de la production, de l’échange des biens et des services destinée à répondre aux besoins de l’humanité.

Prenons la mesure de ce qui se passe : l’une des plus grande banque financière mondiale Lehman Brothers, qui disposait de 640 milliards de dollars d’actifs en mai dernier et gérait 273 milliards de dollars au 31 août, a fait faillite et enregistre 468 milliards de dollars de dettes.

Le groupe d’assurance américain AIG, qui compte 74 millions de clients et dont l’ensemble des actifs s’élevait à 1 060 milliards de dollars en juin a bénéficié d’un prêt de 85 milliards de dollars du Trésor US et se retrouve quasiment nationalisée pour éviter de sombrer. Le Trésor US a dû également injecter 70 milliards de dollars pour sauver deux autres banques, Fannie Mae et Freddie Mac qui viennent d’être nationalisées.

Notons au passage que nationalisation signifie, en l’occurrence, transfert sur le contribuable des pertes.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

En 2002, après la crise financière d’éclatement de la bulle internet et des attentats de septembre 2001, le gouvernement américain et la réserve fédérale, la Fed, avaient décidé une baisse brutale des taux d’intérêt. Ainsi le crédit devenait accessible à peu de frais et les américains pouvaient continuer à acheter en s’endettant.

Se sont développés à grande échelle les prêts hypothécaires (les subprimes) qui consistent à prêter de l’argent à des personnes qui n’ont ni revenu, ni emploi, ni actifs ou sont dans des limites qui ne leur permettent pas de faire face.

Le marché immobilier se retournant, les ménages américains se sont retrouvés dans l’incapacité de rembourser des prêts gagés sur des biens immobiliers dévalués.

Une usine à gaz a alors été montée, qui consistait à transformer les créances en titres financiers, des banques et des particuliers devenant détenteurs de fractions de ces risques. Les établissements prêteurs ont, dans le même temps, durci les conditions du crédit.

Il devait en résulter non seulement une insolvabilité des dits crédits consentis, mais aussi des titres sur des marchés financiers gonflés par de la monnaie de singe et une crise des liquidités malgré les milliards injectés par le Trésor US et la réserve américaine.

Et les banques françaises dans tout cela ?

Les interconnections du réseau bancaire mondial ne les mettent pas à l’abri. Certaines assuraient prêts et contreparties à Lehman Brothers. Les crédits immobiliers américains à risques ont été revendus à l’échelle de la planète.

Ainsi BNP- Paribas chiffre ses pertes à 400 millions €, le Crédit Agricole à 270 millions €, la Société Générale à 479 millions €, Nataxis, filiale des groupes Banque Populaire et Caisse d’Epargne, à 109 millions d’€.

Et maintenant ?

La consommation américaine fonctionne à crédit et ce crédit accusant un coup de frein sérieux, le ralentissement de l’économie est devenu inévitable.

Les ménages ne vont pas emprunter car ils doivent sortir du surendettement. Les entreprises, de leur côté, ne vont pas investir, car elles ne s’attendent pas à ce que les ménages consomment beaucoup plus.

Ainsi voyons-nous comment l’économie virtuelle- c’est-à-dire financière et spéculative- a des effets dramatiques sur l’économie réelle.

La mondialisation, l’interpénétration des économies entraînent l’internationalisation du marasme et de la crise. Nous l’avons vu : des banques françaises sont impliquées. Il en résultera un durcissement des conditions de crédit.

Or, en France, en 2005 et 2006, l’endettement des ménages a suscité la moitié de la croissance.

On devine donc aisément la suite pour 2009 et les années suivantes, sur l’investissement, l’emploi et le pouvoir d’achat. J’évoquais les effets de l’inflation spéculative et financière sur l’économie réelle.

La crise des subprimes a conduit les spéculateurs à reporter leurs investissements hasardeux sur les hydrocarbures ou les matières alimentaires.

Il s’en est suivi une flambée des prix qui a plongé dans la famine 100 millions de personnes dans les 35 pays les plus pauvres.

En mars 2008, le programme alimentaire mondial, qui œuvre dans 78 pays, lançait un appel pour récolter 500 millions de dollars supplémentaires.

De la même manière, les pays riches du G8 s’étaient engagés à débloquer 50 milliards de dollars d’ici 2010 pour les pays en voie de développement. Un quart seulement a été versé.

Or, en trois jours, la réserve américaine, la FED, a été capable d’injecter 180 milliards de dollars sur le marché boursier, la banque centrale européenne (BCE), 100 milliards € pour colmater les brèches devenues gouffres des pirates de la finance.

Deux poids, deux mesures qui prouvent qu’aujourd’hui la bourse vaut plus que la vie.
N’est-ce pas la preuve que ce capitalisme a fait son temps ?

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article