Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
Dix de nos soldats ont payé de leur vie l’engagement de la France en Afghanistan. Parmi eux, un marsouin du Régiment de Marche du Tchad de Noyon.
A mesure que les jours passent et que les témoignages des militaires survivants sont connus, la version officielle des faits se fissure.
A l’évidence, l’opération de reconnaissance, dans son organisation, n’était pas à la hauteur des dangers qu’elle représentait.
Nos soldats se sont retrouvés cernés, pris sous le feu de talibans aguerris, sans soutien aérien, lequel ne peut être fourni que par les américains. Et parmi les nôtres, certains avaient à peine un an d’armée.
Le reportage nauséabond de Paris Match nous livre ce que fut la fin tragique de nos jeunes engagés.
Nous y voyons des talibans prenant la pose devant le photographe, arborant les trophées arrachés aux dépouilles mortelles. L’un d’entre eux porte même un treillis français, ce qui laisse à penser et confirme que nos militaires ne sont pas tous morts par balles tirées à distance mais en contact direct et à l’arme blanche.
« Nous connaitrons d’autres pertes » a déclaré Bernard Kouchner devant les députés des commissions de la défense et des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
Le gouvernement entend donc poursuivre dans une voie qui se révèle être une impasse tragique.
Tous les spécialistes de stratégies s’accordent pour dire que la solution militaire n’en est pas une. Voilà sept ans que la France est en Afghanistan. Sarkozy a décidé d’aller plus loin, sur demande américaine, et d’engager directement nos forces dans les combats.
Mais quels résultats sept ans après ? Les talibans reprennent du poil de la bête, tandis que le pouvoir du Président Karzaï demeure faible et gangrené par la corruption.
Les bombardements américains sur les villages destinés à débusquer les talibans font des milliers de victimes civils, tel ce raid du 22 août à l’ouest du pays qui a coûté la vie à 90 personnes dont 60 enfants. Cela conduit la population à la haine des occupants occidentaux et renforce l’emprise des talibans que l’on est censé combattre et affaiblir.
Ce n’est pas ainsi que nous aiderons les afghans à devenir maîtres de leur sort. Nous serions bien mieux inspirés de nouer des liens avec la population autour de projets de développement en liaison avec les ONG, de les aider à construire un système éducatif, un système de soins, en même temps qu’une armée et une police débarrassée de la corruption,… bref, tout ce qui donnerait une légitimité à un pouvoir afghan qui répondrait aux besoins de la population.
Voilà le message qu’il faudrait faire entendre lors du débat du 22 septembre à l’Assemblée nationale.