Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois
C’est peu dire que la flambée des prix du carburant devient de plus en plus insupportable.
Le coût du baril aura plus que doublé en un an. Au cours de cette seconde semaine de juin, les hausses se sont élevées entre cinq et dix dollars par jour.
Le gouvernement nous explique qu’il s’agit d’ « un facteur durable ». La demande s’accroît à mesure que des pays comme la Chine, l’Inde et d’autres développent leur économie ; l’offre des pays producteurs ne suit pas et suivra d’autant moins que l’or noir se raréfiera. Bref, il faut que nous nous y fassions !
A ceci près que les distorsions entre la demande et l’offre n’expliquent pas à elles seules les envolées exponentielles du précieux produit. Il est l’objet d’une formidable spéculation dans laquelle les compagnies pétrolières sont à la manœuvre. Il est aisé quand on extrait, raffine et distribue le pétrole, c’est-à-dire quand on tient toute la chaîne, d’organiser la pénurie pour faire flamber les cours.
Face à ces géants, les Etats sont-ils démunis ?
Eux-mêmes s’enrichissent de l’augmentation.
Les taxes représentent l’essentiel des prix à la consommation. Or, quand ceux-ci augmentent, la TVA suit.
En matière de taxes, la France n’hésite d’ailleurs pas à en rajouter.
La taxe intérieure sur les produits pétroliers, la TIPP, assise sur les volumes vendus, s’élève à 56,50€ pour 1 000 litres de fioul, alors même que l’Union européenne préconise son niveau à 21€ seulement.
Le gouvernement s’enorgueillit de l’instauration d’une prime à la cuve destinée à aider les foyers non imposables à se chauffer (475 000 familles en 2007). De qui se moque-t-on ? Elle était de 150€ en 2007. Elle devrait atteindre 200€ l’hiver prochain.
Mais un ménage qui utilise le fioul consomme en moyenne 2 500 litres par an et a déboursé, l’an dernier, 2 250€.
La prime est donc d’autant plus dérisoire que s’y ajoute le prix du carburant pour les salariés contraints d’utiliser leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail. Et nous savons que le gouvernement veut sanctionner les chômeurs, qui refuseront de s’éloigner de leur domicile pour travailler. Qui leur paiera l’essence ? Le chèque transport s’est révélé un fiasco. Fillon vient d’annoncer une aide directe. Sera-t-elle autre chose qu’un gadget ?
Trois mesures s’imposent si nous voulons vraiment faire face :
-instaurons des taxes, TVA et TIPP, modulables et donc, dans l’immédiat, décidons de leur diminution substantielle afin de faire baisser les tarifs à la consommation ;
-défendons cette proposition au sein de l’Union européenne, dont la France assurera la Présidence à partir du 1er juillet prochain ;
-mettons à contribution les compagnies pétrolières qui s’enrichissent et organisent la spéculation.
L’annonce par Total de la reconduction de sa participation au financement de la prime à la cuve de 102 millions d’€ est ridicule, au regard de ses 12,2 milliards € de bénéfice en 2007.
Et les compagnies étrangères qui font leur gras sur notre sol ne paient rien. Or, Shell a enregistré, l’an dernier, un résultat de 27,5 milliards de dollars, Chevron, de 18,7 milliards de dollars ; Exxon Mobil, de 40,6 milliards de dollars, un record qui représente 58 000 vies entières de travail payées au SMIC.
Les marges existent donc pour baisser le prix des carburants. Encore faut-il avoir la volonté politique de considérer que ce sont les Etats et les gouvernements qui dirigent, sont garants de l’intérêt général, par les compagnies pétrolières qui, elles, ne sont garantes que leurs intérêts financiers.