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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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LA FAIM DE L’HISTOIRE

Haïti, l’Egypte, le Burkina Faso, le Sénégal, Madagascar, la Thaïlande, la Mauritanie… D’un continent à l’autre, 35 pays viennent de vivre des émeutes de la faim. 100 millions de personnes sont menacés de basculer dans le dénuement le plus total, au point de ne plus pouvoir se nourrir.

Nous sommes en train de vivre une crise d’ampleur planétaire et un scandale d’autant plus insupportable que cette situation ne relève pas de la fatalité.

Elle n’est pas la conséquence de mauvaises récoltes, de sécheresses, d’inondations, de changements climatiques.

Nous avons là sous les yeux les ravages de la mondialisation capitaliste, de la gangrène libérale.

Pourquoi et comment ? Efforçons-nous d’être précis.

Les institutions financières internationales- la Banque mondiale, le FMI- conditionnent leurs « aides » à la libéralisation des économies. Ainsi elles ont imposé aux pays pauvres de stopper les cultures vivrières, celles-là mêmes qui permettent de nourrir sur place les populations, pour développer les matières premières qui partiront à l’exportation. Ainsi cultive-t-on maintenant, tant au Sénégal qu’en Indonésie et à bas prix pour les acheteurs occidentaux- de quoi fabriquer notamment des biocarburants.

Des milliers d’hectares de terres arables sont donc sacrifiés pour des cultures dont les habitants des pays pauvres ne profitent pas ou si peu.

Du coup, ils sont contraints d’exporter de quoi se nourrir, à des prix qui, eux, n’ont cessé de flamber.

Les céréales ont augmenté de 37% en 2007 et le prix moyen d’un repas a pris 40% dans le tiers-monde.

Et pourquoi les prix flambent-ils ?

Les fonds d’investissement avaient cru réaliser une fabuleuse opération avec les fameux « subprimes », ces crédits consentis à des ménages insolvables. Cela a débouché aux Etats-Unis et avec des conséquences internationales sur une crise financière gigantesque.

Ces mêmes fonds d’investissement ont alors placé leurs billes sur les matières alimentaires. Soja, blé, maïs, voilà les valeurs refuges. A partir de là, vous organisez la pénurie. Ainsi après l’annonce par quatre pays de la suspension de leurs exportations de riz, le prix de celui-ci bondit de 31%. Les fonds d’investissement achètent alors et stockent avant de revendre au prix fort aux pays pauvres. C’est l’orgie de la spéculation réalisée sur la famine de millions d’hommes, de femmes et d ‘enfants.

Ajoutons à cela l’impossibilité pour les Etats des pays pauvres d’aider leurs agriculteurs car l’Organisation mondiale du commerce veille à « la concurrence libre et non faussée ».

Et nous pouvons atteindre le comble du cynisme : en mars, le programme alimentaire mondial, qui œuvre dans 78 pays, lançait un appel pour récolter 500 millions de dollars supplémentaires.

J’ai cru rêver car je garde en mémoire que la Société Générale a récemment perdu 7 milliards d’€ dans la spéculation et qu’elle a trouvé ce manque à gagner en trois jours.
Au rythme de la mondialisation, le capitalisme pourrait être la faim de l’histoire, à coup sûr, mais- il nous faut y travailler- le début d’une ouverture humaine qui s’en serait débarrassé.

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