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Une autre politique pour la France, un projet de développement pour le Nord-Compiégnois

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MORTS AU TRAVAIL

En un an, neuf salariés de l’industrie automobile se sont suicidés.
Il ne s’agit pas de cas isolés. Tous les secteurs d’activités sont touchés : les banques, EDF, la Poste. 400 suicides par an auraient un lien direct avec une souffrance provoquée par les conditions de travail.
Voici quelques semaines seulement, un chef d’équipe de Continental à Clairoix décédait d’une crise cardiaque sur le site. Le médecin du travail établissait que l’accident vasculaire était en rapport direct avec le stress professionnel. Le directeur de l’établissement expliquait, dans la presse régionale, que la vie n’était pas facile à Clairoix car il fallait faire face à la concurrence et redevenir compétitif.
Le mensuel « Management » dit cela en des termes moins choisis. Dans son numéro d’octobre, il titre à la une : « Domptez votre stress ». Et la rédactrice en chef écrit dans son éditorial : « C’est bien connu : dangereux à haute dose, le stress est en revanche un formidable stimulant professionnel quand il est bien maîtrisé. Car il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un puissant mécanisme de défense et, dans les cas extrêmes, d’un réflexe de survie. Sans lui, notre ancêtre des cavernes aurait laissé s’éteindre le feu et fini dévoré par les ours. »
Et de conclure, un peu plus loin, que « le stress, c’est comme le cholestérol : il y a le mauvais et le bon », avant de conseiller aux salariés des régimes alimentaires, de l’acupuncture, des exercices de relaxation, et de citer le PDG de Renault comme exemple de patrons qui « ont pris des mesures pour regonfler le moral de leurs troupes. » Les suicidés du groupe automobile n’ont sans doute pas su en tirer tout le bénéfice à temps.
Le cynisme est à son comble. Nous savions la droite à présent décomplexée. Le patronat, lui, n’hésite pas. Il se lâche.
A l’heure de la mondialisation, les méthodes de management ont conduit à une modification des conditions de travail et à leur dégradation.
Nous sommes passés d’une organisation collective du travail à une organisation individualisée, renforcée encore avec la précarité, l’intérim, les CDD…
Cette conception érige en principe et en méthode la concurrence entre travailleurs, entre secteurs de l’entreprise. Dans ce cadre, il est demandé à chacun chaque jour davantage jusqu’à des objectifs inaccessibles. S’il n’y parvient pas, il est stigmatisé, culpabilisé.
Ainsi s’amorce le processus destructeur qui peut conduire des salariés jusqu’au suicide ou à l’attaque cardiaque. Ce stress mène également à l’accident de travail ou à la négligence des protections contre les produits toxiques.
Cette situation est devenue à ce point aigue que le gouvernement a convoqué, le 4 octobre dernier, une négociation tripartite sur le sujet.
Pour leur part, ce dimanche 13 octobre, les associations de victimes du travail- FNATH et ANDEVA- rejoints par d’autres organisations, syndicats et partis de gauche, manifestent à Paris.
Quand la rémunération des actionnaires devient la raison première pour laquelle on produit des richesses, des salariés peuvent mourir au travail.
Travailler plus pour que les actionnaires gagnent plus et que la vie soit plus courte.
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