Les scandales économico- financiers occupent à nouveau l’actualité.
Ainsi l’Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la Bourse, a confirmé, la semaine dernière, conduire une enquête sur de probables délits d’initiés survenus entre 2005 et 2006 chez EADS.
Les principaux dirigeants et actionnaires du groupe aéronautique sont soupçonnés d’avoir réalisé 90 millions d’€ de plus-value en vendant les titres qu’ils détenaient avant que les difficultés d’Airbus et les retards de livraison de l’A 380 soient connus et entraînent une chute des cours.
En outre, l’Etat aurait donné son autorisation afin que la Caisse des dépôts et consignations rachète une partie des 7,5% du capital d’EADS cédés par le groupe Lagardère. Les dénégations de M. Thierry Breton, alors ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, devant la commission des finances du Sénat, n’ont guère convaincu ses propres amis politiques, même Philippe Marini, rapporteur général du budget. C’est vous dire !
L’autre scandale concerne l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), l’une des puissantes fédérations du MEDEF, qui représente 45 000 entreprises de l’automobile, de la mécanique et de l’aéronautique employant 2 millions de salariés.
Le président de l’UIMM, l’un des principaux responsables du MEDEF en charge des négociations sociales avec les syndicats de salariés, M. Denis Gautier- Sauvagnac, aurait procédé à d’importants retraits bancaires en espèces sur le compte de l’organisation patronale, entre 11 et 13 millions d’€. Cet argent aurait notamment servi au financement occulte de syndicats, ce qui signifierait que le patronat achète des dirigeants syndicaux et les positions qu’ils peuvent être amenés à prendre dans les négociations.
Enfin, cette semaine, débute le procès de l’affaire de la société française d’exportation du ministère de l’intérieur (Sofremi). Cet organisme crée en 1986 était censé aider les industriels français à obtenir des contrats auprès des polices étrangères. Elle a, en réalité, servi à verser des commissions occultes à des décideurs français en marge de grands contrats internationaux. Ainsi est-il question de 170 millions de francs, monnaie de l’époque, représentant 15% des marchés avec une pointe à 24% en Colombie. La Sofremi est même arrivée à verser une commission à l’occasion d’un marché brésilien alors qu’elle n’était pas candidate. Au centre de l’affaire, Charles Pasqua et les heureux bénéficiaires : Pierre Falcone, Jean-Charles Marchiani, Pierre Philippe Pasqua, le fiston. Que du beau monde !
Ainsi se trouvent entremêlés dans toutes ces affaires le pouvoir de l’Etat, le grand patronat et le monde de l’économie et de la finance.
Que la mondialisation capitaliste est jolie !