Vendredi 9 octobre 2009

Les Irlandais ont donc fini par dire « oui » au traité de Lisbonne.

Pourtant, le texte qui leur a été soumis n’est guère différent de celui qu’ils avaient repoussé, en juin 2008.

Mais, dieu, que la crise est jolie !

Les partisans du oui en ont usé et abusé.

Si le non l’emportait à nouveau, a-t-on clamé aux irlandais, l’Irlande serait condamnée à s’enfoncer inexorablement, le robinet des subventions européennes serait coupés, le pays serait contraint de quitter l’Union. Bref, l’apocalypse made in Europa.

Tout de même, quel modèle de démocratie que cette Europe à « la concurrence libre et non faussée » !

Les Danois avaient déjà dû revoter après leur refus en 1993 du traité de Maastricht. Cela vient donc d’être le tour des Irlandais.

Pour le traité de Lisbonne, la plupart des Etats ont réglé le problème : pas de référendum populaire.

La ratification parlementaire a suffi. Quand le peuple risque de mal voter, faisons comme s’il n’existait pas.

Curieusement, quand un peuple dit oui tout de suite, il n’est pas consulté une seconde fois. S’il dit non, il a une seconde « chance ». Comprenne qui démocratiquement pourra !

Restent donc la Pologne et la République Tchèque. Les pouvoirs renâclent mais Bruxelles s’est promis de les mettre à la raison.

Jusqu’à quand durera donc cet écrasement des peuples ?

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 9 octobre 2009

Depuis le 15 juillet 2008, la France commercialise la boisson énergisante, Red Bull. D’autres breuvages semblables ont surgi sur le marché.

Ce produit contient de la caféine et de la taurine, un dérivé d’acide aminé, qui, outre son effet d’excitant et d’accélérateur, provoque une perception amoindrie de l’alcool.

Le Red Bull vise tout particulièrement un public jeune. Ses campagnes marketing ciblent les 15-25 ans autour des thèmes de l’énergie, de la force, du dépassement de soi-même.

Bref, chacun devient, grâce à Red Bull, un Rambo de boite de nuit.

On trouve partout cette potion magique dans les supermarchés en tête de gondole. Dans leur pérégrinations, les jeunes la mélangent désormais à de la vodka. C’est devenu le cocktail à la mode : la défonce énergétique.

Depuis le début, les autorités sanitaires européennes et française mettent en garde sur les effets de cette boisson, a fortiori lorsque l’alcool s’y ajoute.

Mais la législation européenne est faite de telle sorte que si vous n’êtes pas capables d’apporter la preuve formelle de la nocivité d’un produit, vous ne pouvez empêcher sa commercialisation.

Il suffit qu’un seul pays de l’Union Européenne vende sur son sol le dit produit pour qu’il s’impose à tous les membres de l’Union.

Le groupe autrichien qui fabrique et vend le Red Bull a donc tôt fait de mettre les récalcitrants, dont la France, au pas. Son chiffre d’affaires s’élève désormais à 4 milliards € par an.

La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, très réservée sur la vente du Red Bull, a fini par rendre les armes, car la firme autrichienne menaçait de porter plainte, ce qui aurait coûté une amende de 300 000 € à la France.

La santé de nos jeunes  vaut donc moins que les intérêts d’une entreprise capitaliste prête à tout pour vendre son poison.

Faudra-t-il quelques victimes du cocktail Red Bull + alcool pour appliquer le principe de précaution qu’en d’autres circonstances, nous sommes capables de déclencher bien plus vite ?

Mme Bachelot précise qu’elle a obtenu que les canettes de Red Bull mentionnent les dangers du produit.

Pourquoi plutôt ne pas afficher partout que le capital nuit gravement à la santé ?

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 9 octobre 2009

Le remède miracle vient d’être trouvé pour lutter contre l’absentéisme scolaire : rémunérer les élèves.

Ce nouveau dispositif pilote complète la panoplie : puisque nos enfants ne parviennent plus à maitriser l’orthographe et la syntaxe, simplifions tout cela. François de Closet vient d’écrire un livre sur le sujet.

Et pourquoi donc apprendre à lire et à écrire ? Les ordinateurs s’en chargent. A compter ? vive les calculettes !

Et les heures de colle, M’sieur, je vous les compte en heure sup ?

L’arsenal ne tardera pas à être complet. Dès le plus jeune âge, nos enfants apprendront à être des consommateurs, des clients. Tout se vend, tout s’achète sans effort. Je viens en classe, tu me paies !

Et ainsi je dépense : du coca, des Nike…

Chaque jeune devient un homme sandwich : tout dans le paraître, dans l’uniformité… qu’importe que la tête soit vide, s’ils ont le sentiment que les poches sont pleines (de quoi, d’ailleurs ?)

Quand l’heure de l’avenir à construire survient, pas sûr que cette superficialité, cette inconsistance suffisent à apaiser l’insatisfaction devant un horizon vide d’un trop plein éphémère.

 

Par Patrice Carvalho
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Vendredi 2 octobre 2009

Alain Bocquet, Président du groupe communiste à l’Assemblée Nationale de 1993 à 2007, vient de publier un livre « Un Marx, et ça repart ! » aux éditions du Cherche midi (19€).

Lui, si discret d’habitude, pour une fois, se lâche un peu.

Il évoque les évolutions du Parti communiste Français, la succession de Georges Marchais, la période 1997-2002 et sa vision de l’avenir du combat révolutionnaire.

A lire absolument !

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 2 octobre 2009

24 salariés de France Télécom ont mis fin à leur jours depuis le début de l’année 2008. Je suis étonné de la compassion dont font preuve, depuis quelques jours, les dirigeants politiques de notre pays. M. Lombard, le PDG, est maintenu à son poste et simplement invité à mettre un peu d’huile dans les rouages de sa machine à broyer.

Rappelons d’abord que France Télécom était une entreprise publique. Elle est aujourd’hui un établissement privé au cœur de la mondialisation capitaliste.

Il s’agit de se faire une place face à Google et à Free. Il a fallu transformer les techniciens, qui installaient les lignes fixes, en vendeurs de téléphones mobiles et de Livebox Internet.

« Une partie des employés n’arrive pas à changer de culture », déclarait M. Wenès, recruté par M. Lombard et venu d’un cabinet américain, spécialisé dans la réduction des coûts. « Il faut passer du 22 à Asnières à la Livebox » ajoutait-il.

Ainsi France Télécom s’est-elle engagée dans une course effrénée à la performance, mettant sous une pression insupportable ses salariés, ses cadres, lesquels se sont vus soumis à des évaluations incessantes, à une mobilité imposée, à des objectifs inatteignables, bref à une déshumanisation du travail, une version nouvelle des « Temps modernes » de Chaplin, à l’heure de l’informatique et d’Internet.

Le sociologue Jean-Pierre Le Goff avait écrit en 2003 (éd. La Découverte) un remarquable petit ouvrage qu’il avait intitulé « la barbarie douce ». Il y analysait l’adaptation depuis les années 80 aux mutations du monde contemporain liées au déploiement du libéralisme et la véritable barbarie que cette modernisation aveugle installe au cœur des rapports sociaux, en particulier dans l’entreprise.

A lire d’urgence pour se convaincre qu’il faut sortir de cette folie destructrice d’humanité.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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