Les Irlandais ont donc fini par dire « oui » au traité de Lisbonne.
Pourtant, le texte qui leur a été soumis n’est guère différent de celui qu’ils avaient repoussé, en juin 2008.
Mais, dieu, que la crise est jolie !
Les partisans du oui en ont usé et abusé.
Si le non l’emportait à nouveau, a-t-on clamé aux irlandais, l’Irlande serait condamnée à s’enfoncer inexorablement, le robinet des subventions européennes serait coupés, le pays serait contraint de quitter l’Union. Bref, l’apocalypse made in Europa.
Tout de même, quel modèle de démocratie que cette Europe à « la concurrence libre et non faussée » !
Les Danois avaient déjà dû revoter après leur refus en 1993 du traité de Maastricht. Cela vient donc d’être le tour des Irlandais.
Pour le traité de Lisbonne, la plupart des Etats ont réglé le problème : pas de référendum populaire.
La ratification parlementaire a suffi. Quand le peuple risque de mal voter, faisons comme s’il n’existait pas.
Curieusement, quand un peuple dit oui tout de suite, il n’est pas consulté une seconde fois. S’il dit non, il a une seconde « chance ». Comprenne qui démocratiquement pourra !
Restent donc la Pologne et la République Tchèque. Les pouvoirs renâclent mais Bruxelles s’est promis de les mettre à la raison.
Jusqu’à quand durera donc cet écrasement des peuples ?