Quand il regagne, chaque soir, son lit douillet, le député Gonnot vérifie qu’aucun trotskyste ne se soit dissimulé dans les tentures de son baldaquin. Il en voit partout.
Les « Conti », ces voyous, sont manipulés par les trotskystes. Les Caterpillar, les Molex, les enseignants-chercheurs, les étudiants, les gardiens de prison, tous manipulés par les bedeaux du fondateur de l’armée rouge.
Le thème du complot est une constante à droite. Autrefois, il s’agissait de brandir le complot judéo-maçonnique qui conduira à préférer Hitler au Front Populaire.
Un slogan de 68 affirmait : « Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes ». il n’a pas pris une ride.
Il suffit de lire le blog de Gonnot qui, depuis quelques jours, se souvient que Continental est dans sa circonscription et ne cesse donc d’éructer contre cette populace laborieuse, qui a décidé de ne plus s’en laisser conter par tous les prometteurs de bons jours.
Le 1er mai, dans les rues de Compiègne, ils ont donc abondamment conspué le parlementaire UMP.
Mais ce dernier n’en a cure et ses préoccupations sont à cent lieues des vociférations de la rue.
Il vient d’interpeller le gouvernement sur un sujet majeur. Il propose que les enfants des écoles apprennent les paroles de l’hymne européen : l’Ode à la joie, un poème de Schiller sur une musique de Beethoven dans le quatrième mouvement de la 9ème symphonie.
Le texte débute ainsi :
« Mes amis, cessons nos plaintes !
Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants
De fête et nos accords pieux !
Joie ! »
Mais bien sûr, l’Europe, c’est la joie. Que n’a-t-il suggéré aux « Conti » de la chanter à pleins poumons ? N’est-ce pas merveilleux de mettre sur le carreau 1 120 salariés de Clairoix et d’embaucher à Timisoara en Roumanie grâce à des salaires divisés par trois pour que les actionnaires laissent éclater leur joie ?
J’entends d’ici les enfants des salariés des « Conti » entonner l’hymne européen dans la cour de leurs écoles à la gloire de ceux qui ont jeté leurs pères au chômage, au nom de cette formidable Europe où « la concurrence est libre et non faussée ». Il y a des coups de pied au c… qui se perdent !
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