Jeudi 7 mai 2009

Quand il regagne, chaque soir, son lit douillet, le député Gonnot vérifie qu’aucun trotskyste ne se soit dissimulé dans les tentures de son baldaquin. Il en voit partout.

Les « Conti », ces voyous, sont manipulés par les trotskystes. Les Caterpillar, les Molex, les enseignants-chercheurs, les étudiants, les gardiens de prison, tous manipulés par les bedeaux du fondateur de l’armée rouge.

Le thème du complot est une constante à droite. Autrefois, il s’agissait de brandir le complot judéo-maçonnique qui conduira à préférer Hitler au Front Populaire.

Un slogan de 68 affirmait : « Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes ». il n’a pas pris une ride.

Il suffit de lire le blog de Gonnot qui, depuis quelques jours, se souvient que Continental est dans sa circonscription et ne cesse donc d’éructer contre cette populace laborieuse, qui a décidé de ne plus s’en laisser conter par tous les prometteurs de bons jours.

Le 1er mai, dans les rues de Compiègne, ils ont donc abondamment conspué le parlementaire UMP.

Mais ce dernier n’en a cure et ses préoccupations sont à cent lieues des vociférations de la rue.

Il vient d’interpeller le gouvernement sur un sujet majeur. Il propose que les enfants des écoles apprennent les paroles de l’hymne européen : l’Ode à la joie, un poème de Schiller sur une musique de Beethoven dans le quatrième mouvement de la 9ème symphonie.

Le texte débute ainsi :

            « Mes amis, cessons nos plaintes !

            Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants

            De fête et nos accords pieux !

            Joie ! »

Mais bien sûr, l’Europe, c’est la joie. Que n’a-t-il suggéré aux « Conti » de la chanter à pleins poumons ? N’est-ce pas merveilleux de mettre sur le carreau 1 120 salariés de Clairoix et d’embaucher à Timisoara en Roumanie grâce à des salaires divisés par trois pour que les actionnaires laissent éclater leur joie ?

J’entends d’ici les enfants des salariés des « Conti » entonner l’hymne européen dans la cour de leurs écoles à la gloire de ceux qui ont jeté leurs pères au chômage, au nom de cette formidable Europe où « la concurrence est libre et non faussée ». Il y a des coups de pied au c… qui se perdent !

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Jeudi 7 mai 2009

Il parait que, depuis cette semaine, la campagne des européennes est lancée après les meetings de Nicolas Sarkozy et de Martine Aubry.

J’observe avec amusement et consternation les positionnements des différents courants.

Tous veulent changer l’Europe ou changer d’Europe.

La nuance est dans la queue de la cerise mais c’est bien le diable s’il n’existe pas une règlementation européenne sur le calibrage des queues de cerises. En tout cas, pas de quoi soulever l’enthousiasme électoral ! Et cela pour plein de raisons.

Que voulez-vous que je vous dise ? L’Europe n’a pas de fondement existentiel. Nous ne savons d’ailleurs pas où elle commence et où elle s’arrête. Pour qu’elle soit, il faudrait que les citoyens qui la composent aient le sentiment d’y appartenir et donc d’y exercer leur souveraineté, leur liberté de choix. Or, cette souveraineté, en même temps que la démocratie, en Europe plus qu’ailleurs, ne s’exercent que dans le cadre des Nations et de l’Etat dont chacune se dote comme expression et garantie de l’intérêt général. Et si le sentiment de délitement de l’Etat a progressé au cours de ces dernières années dans la conscience populaire, c’est parce que les forces politiques et leurs dirigeants ont travaillé à l’effacement progressif des Nations et éloigné ainsi des peuples les lieux et pouvoirs de décision.

Il n’existe pas de peuple européen. Ce n’est pas en raison du fait que l’Europe compte 450 millions d’habitants. Les chinois sont 1,3 milliards. Ils se sentent chinois appartenant à une même Nation qui vient des profondeurs d’une histoire de plusieurs millénaires. Il en est de même du peuple américain des Etats-Unis, dont la constitution en Nation est plus récente mais l’unité fondée.

Il n’en est rien des 27 peuples de l’Union européenne. Non seulement rien ne fonde leur communion, mais tout y est organisé pour qu’ils soient en concurrence.

L’Union européenne s’affirme comme un espace de libre échange, de « concurrence libre et non faussée ».

Les Etats-Unis défendent l’intérêt des Etats qui les composent. En Europe, le dumping social, fiscal oppose les peuples les uns aux autres. La direction allemande de Continental oppose aux salariés français de Clairoix les bas salaires des roumains.

Dans ces conditions, nous pouvons toujours gloser sur l’Europe sociale. Elle est une incantation électorale.

Le Parlement européen, de surcroît, est une farce. Qu’est-ce donc qu’un Parlement qui ne dispose d’aucun pouvoir d’initiative parlementaire ? Qu’est-ce qu’un exécutif partagé entre Chefs d’Etat et une commission de personnalités nommées qui dispose du vrai pouvoir ? Où sont la démocratie, la souveraineté, le droit des peuples à décider de leur sort ?

Il s’agit, au contraire, d’une structuration pour tuer démocratie et souveraineté populaires et laisser au capital et aux affairistes le soin de diriger ce vaste espace européen inséré dans la mondialisation capitaliste.

Qui, d’ailleurs, dans la crise actuelle du capital intervient pour sauver ce qui peut l’être ? L’Europe ? Pas du tout. Il a fallu que nous soyons au bord du gouffre pour que M. Trichet, président de la banque centrale européenne, daigne enfin et sous la pression baisser les taux d’intérêt.

Ce sont les Etats qui ont mis en place les plans de sauvetage et de relance à coup de milliards d’€ versés injustement aux fauteurs de crise, les banques et les grandes entreprises. Mais en l’occurrence, l’Europe n’a servi à rien, pas même à cela.

Il n’y a donc d’issue que dans la réaffirmation des Nations, condition indispensable pour que les unes et les autres puissent coopérer sainement et avantageusement, non pour que les unes écrasent les autres, mais pour que s’exerce leur complémentarité.

Tout le reste ne fait que conforter une domination d’empire du capital et de la finance.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Jeudi 7 mai 2009

Le directeur général de l’INSEE, Jean-Philippe Cotis, s’apprête à rendre au Président de la République son rapport sur le partage de la valeur ajoutée, du profit et les écarts de rémunération.

Il note ainsi que les salaires qui ont le plus progressé en 2007 sont ceux qui se situent « tout en haut de l’échelle » et concernent les 10% de salariés les plus payés percevant plus de 3 163€ par mois.

En revanche, les disparités de niveaux de vie se sont creusées. La moitié des salariés touche moins de 1 594€ nets par mois ; 10% perçoivent moins de 1 083€.

Si les cadres, en 2007, ont bénéficié d’une hausse du salaire net de +2,3%, les ouvriers n’ont perçu que +1% et les employés +0,7%.

La part des dividendes versés aux actionnaires, quant à elle, a pratiquement doublé depuis une dizaine d’années. Elle représente 16% de l’excédent brut d’exploitation des sociétés non financières en 2007 contre 7% en 1993.

Cette progression des dividendes s’est accompagnée d’une baisse de l’autofinancement des investissements (priorité aux actionnaires sur l’investissement).

Au final, les profits de l’entreprise se partagent en un peu plus d’un tiers pour le revenu du capital (36%), une grosse moitié pour l’épargne (57%) et le reste pour la participation et l’intéressement. N’oublions pas qu’une seule PME sur six distribue des dividendes. Nous voyons donc qui se sert !

Il convient de relever que l’intéressement et l’épargne salariale représentent 1,5% de la valeur ajoutée contre 0,5% au début des années 1990. Cela semble faible mais traduit un mouvement qui tend à dévaloriser la place du salaire dans la rémunération au profit de revenus exceptionnels conditionnés par les résultats de l’entreprise. Nous sommes dans une logique de précarisation des ressources salariales.

Le rapport Cotis fait une éclatante démonstration de l’accroissement des inégalités au profit du capital.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 24 avril 2009

L’actualité de la semaine aura débuté avec l’incroyable jugement rendu par le tribunal de Sarreguemines déboutant les salariés de Continental sur tous les points, contre toute attente.

Le Procureur avait, en effet, durant l’audience, prononcé un réquisitoire sans appel établissant le délit d’entrave et l’irrespect des procédures par le groupe allemand. Cela devait conduire à l’annulation du processus de fermeture du site de Clairoix et des licenciements.

Il s’était dit, ici ou là, que des instructions avaient été données, en haut lieu, en ce sens.

A l’arrivée, le tribunal a donné raison à Continental et, par là même, validé la liquidation, enclenché le compte à rebours.

Ce verdict inique n’a suscité aucune réaction gouvernementale. Dans cette affaire, c’est pourtant le Procureur qui a été désavoué, lequel est, rappelons-le, le magistrat du ministère public chargé de l’action publique sous l’autorité directe du ministre de la justice.

Il y a fort à parier que la partie s’est jouée hors du prétoire et que la puissante multinationale qui possède un site à Sarreguemines a su utiliser son influence pour obtenir ce qu’elle voulait, avec de surcroît, la duplicité du gouvernement dont l’évidence saute aux yeux. Mais faut-il s’étonner que dans cette société et cette Europe libérales, le capital soit aux commandes ?

            « Il faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là,

            On ne vit pas, Monsieur, on ne vit pas,

            On triche. »

            (Ces gens-là, Jacques Brel- 1966)

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 24 avril 2009

La décision du tribunal de Sarreguemines a évidemment provoqué la colère des Conti. Et la sous-préfecture de Compiègne en a fait les frais. Siège du représentant du gouvernement, elle est apparue comme le symbole de la duplicité du pouvoir sarkozyen : sourires et condescendance par devant, mépris et coups de poignard par derrière. Les Conti ne sont pas dupes.

Que n’entendons-nous depuis cet évènement ?

Aux séquestrations de dirigeants somme toute symboliques, on nous oppose la liberté de circuler. Au saccage d’une sous-préfecture, on brandit le respect du bien public.

Mais que dit-on de la prise en otages par la multinationale Continental de 1200 salariés et du saccage prémédité de toutes ces vies familiales ? Silence radio !

Alliot-Marie est venue sur place dire tout le mal qu’elle pensait de ces voyous manipulés par l’extrême-gauche et qu’elle entend traduire devant le tribunal. Il y a fort à parier que les réquisitions du Procureur, cette fois-ci, seront suivies.

Voilà donc les salariés que l’on veut licencier transformés en délinquants et les patrons en victimes.

            « Selon que vous serez puissants ou misérables,

            Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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