Vendredi 16 juin 2006

Une enquête menée par le ministère de l’emploi (Dares) et l’ACOSS vient de révéler que seulement 10% des Contrats Nouvelles Embauches soit environ 44000, correspondent à de véritables créations d’emplois.

Près d’un sur trois a été rompu avant six mois. Le solde net des créations d’emplois dues au CNE est très éloigné du quart, voire du tiers, des contrats signés dont fait état le gouvernement.

Cette même enquête montre que 70% des embauches sous CNE seraient intervenues de toute façon, sans ce dispositif, à parts égales en CDD et CDI. 20% des CNE conclus relèvent de simples anticipations de recrutement.

Le CNE apparaît donc pour ce qu’il est : un renforcement de la précarité qui ne répond en rien aux besoins des demandeurs d’emploi et qui contribue à l’appauvrissement et à l’insécurité sociale des salariés.

Il est urgent de lui faire subir le même sort que le CPE, son descendant.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 16 juin 2006

Le gouvernement vient d’annoncer la suppression de 15.000 emplois dans la Fonction publique en 2007, dont 8.700 dans l’Education nationale.

Il y aurait donc en France trop d’enseignants, trop de personnel hospitalier, trop d’agents de l’équipement, trop de postiers, trop de cheminots…

Dans l’Oise, chaque année, parents et instituteurs se mobilisent parce que, des classes sont fermées, parce que d’autres sont surchargées, parce que dans tel ou tel collège ou lycée, il manque des professeurs, parce que disparaissent dans les établissements des infirmières, des assistantes sociales, des médecins, des psychologues scolaires, parce que l’accueil en maternelle recule, parce que les moyens accordés aux ZEP sont menacés...

Et à cela s’ajoutent les transferts de personnels de l’Etat vers les collectivités territoriales, comme c’est le cas avec les agents techniques (TOS), autant de charges en moins pour l’Etat.

La vérité, c’est que ce gouvernement veut en finir avec le service public et livrer toutes les activités humaines aux lois du marché. Tel est le sens des privatisations en chaîne. Mais ce choix-là ne peut aboutir qu’à davantage d’inégalités et d’injustices.

La raison d’être du service public réside dans la volonté politique d’offrir les mêmes services à tous les citoyens où qu’ils se trouvent sur le territoire, à des tarifs identiques et accessibles à tous, à garantir la gratuité lorsqu’il s’agit d’éléments aussi essentiels que l’Education.

Voilà ce que veut briser ce gouvernement. Il est vraiment temps de changer de cap.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 16 juin 2006

La privatisation de Gaz de France figurera-t-elle au palmarès des mauvais coups de l’été ? Finalement, rien n’est moins sûr.

Dominique de Villepin voulait mener l’affaire au pas de charge et conclure, si ce n’est avant la fin du mois de juin, au moins avant le 14 juillet.

Il s’agissait de prendre prétexte de l’OPA hostile de l’italien Enel sur Suez pour engager la fusion privatisation de GDF-Suez. Et quiconque s’y opposerait prendrait évidemment la responsabilité de mettre Suez en danger.

La ficelle est certes un peu grosse mais il fallait boucler la boucle ouverte avec le loi du 9 août 2004 transformant l’entreprise publique EDF-GDF en deux sociétés anonymes dans le cadre de directives européennes destinées à ouvrir le marché de l’énergie à la concurrence et avec la loi d’orientation sur l’énergie de juin 2005.

Le Premier Ministre voyait l’occasion d’accélérer le mouvement avant l’ouverture totale du marché au 1er juillet 2007.

C’était sans compter sans l’opposition immédiate des organisations syndicales et sur le rejet persistant du libéralisme par l’opinion publique.

Cette dernière sait faire ses comptes : en 18 mois, la facture de gaz a grimpé de 30%, soit dix fois l’inflation. Qu’en sera-t-il quand il faudra rémunérer des actionnaires voraces ?

Le marché dérégulé de l’électricité pour les entreprises, quant à lui, a conduit à une hausse de 48% des tarifs en un an. 

Même les députés UMP ont commencé à se dire que cela suffisait comme cela. Après le fiasco du CPE, les odeurs nauséabondes de l’affaire Clearstream, il serait temps d’arrêter. Comment allons-nous nous faire réélire, pensent-ils, d’autant que Sarkozy, alors ministre des finances en 2004, avait promis que la participation de l’Etat dans EDF et GDF ne descendrait pas sous la barre de 70% ? 

Bref, de Villepin n’a pas de majorité pour son entreprise de bradage.

Le débat n’en reste pas moins ouvert : face à un libéralisme qui rêve de tout avaler, il est  nécessaire de se doter d’un pôle public de l’énergie capable de faire face et de développer des coopérations avec d’autres partenaires comme Suez.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 9 juin 2006

Avec l’arrivée de Sarkozy en 2002, au Ministère de l’Intérieur, on allait voir ce que l’on allait voir. Les délinquants n’avaient qu’à bien se tenir. Quatre ans après, le ministre vient de dresser son bilan dans une conférence de presse tenue le 8 juin dernier. Il nous annonce une délinquance en baisse de 8,8%. Il faut entendre par là une baisse des délits de voie publique et des atteintes aux biens. Il reste qu’il en est des actes de délinquance comme du calcul du nombre des chômeurs. Il suffit de ne pas tous les enregistrer pour que la tendance soit à la baisse. Je suis bien placé pour en parler, si je considère les nombreux témoignages qui me parviennent de personnes qui n’ont pu faire enregistrer leur plainte à la gendarmerie ou au commissariat.

Pourtant, malgré ce tour de passe-passe, Sarkozy a dû reconnaître que ces résultats étaient mitigés, car il apparaît que les violences aux personnes (soit 1 acte de délinquance sur 8) sont en hausse de 12% en 4 ans. Cela relativise d’autant les déclarations du député godillot Gonnot, qui se flattait d’un recul de la délinquance de 30%, entre 2002 et 2005, dans le Nord-Compiégnois. Les Français ne sont pas dupes.

Dans un sondage BVA publié, le 8 juin dernier, dans le Figaro, 9% seulement des personnes interrogées considèrent que la délinquance baisse, tandis que 45% jugent qu’elle augmente. Depuis 10 ans (entre 1996 et 2005), les atteintes aux personnes ont augmenté de 80%.

Nous sommes face à un phénomène qui concerne les mineurs comme les majeurs et qui montre à quel point notre société est malade, combien les rapports sociaux se détériorent à mesure qu’un nombre toujours plus grand de nos concitoyens se trouvent exclus de la formation, de l’emploi, d’un revenu décent. A l’évidence, ce ne sont pas avec des méthodes de cow-boys et des opérations coups de poing médiatisées que nous en sortirons, mais en s’attaquant aux vrais problèmes et en agissant pour que chacun trouve sa place dans la société.

 

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 9 juin 2006

Après l’échec sur le CPE, dû à la forte mobilisation de tous (jeunes, salariés et les retraités), le gouvernement poursuit dans la même voie, avec pour cible cette fois, les salariés les plus âgés et des conséquences particulièrement dramatiques pour les femmes et les moins qualifiés.

Les solutions ne se trouvent ni dans la multiplication de contrats précaires à l’image de ce nouveau contrat pour les seniors, ni dans le durcissement des conditions d’indemnisation des chômeurs.

L’enjeu est de conquérir un véritable droit à l’emploi pour tous, comportant un ensemble de garanties sécurisant l’intégralité du parcours professionnel de chacun. Exercer un emploi dans de bonnes conditions jusqu’à l’âge de la retraite, c’est ce dont nous avons tous besoin.

La suppression de la contribution Delalande, qui pénalisait les entreprises licenciant les salariés les plus âgés, ou le développement du cumul emploi-retraite, sont calamiteux pour l’emploi stable et bien rémunéré.

Les dispositions concernant la formation professionnelle, le développement d’actions de prévention en matière de conditions de travail peuvent être des points d’appui pour le maintien dans l’emploi. Les enjeux de ce plan emploi seniors rejoignent la bataille pour le droit à la retraite anticipée pour pénibilité et le niveau général des retraites.

Précariser l’emploi, appauvrir le salariat n’ont jamais débouché sur davantage de croissance et d’efficacité économique. Il n’est de prospérité que dans des salariés plus qualifiés et mieux rémunérés avec à la clé plus de compétitivité et de productivité.

 

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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