Vendredi 22 mai 2009

La rumeur s’enfle depuis plusieurs semaines : le gouvernement aurait l’intention de rétablir la vignette automobile supprimée en 2001 par Laurent Fabius.

Les plus anciens se souviennent qu’en 1956, la première vignette avait pour but de financer un fond national de solidarité destiné à garantir un revenu minimum à toutes les personnes âgées de plus de 65 ans. Ces derniers n’en ont jamais vu la couleur.

Cette fois-ci, la motivation serait écologique. Il faut bien être dans l’air du temps. Le montant de la vignette serait indexé sur les rejets de CO2. Les véhicules les plus polluants seraient donc les plus taxés. Nous pourrions penser que seuls les propriétaires de grosses berlines et de 4 x 4 seraient alors concernés. Pas sûr ! Car l’automobiliste d’une vieille Renault 30 risque de devoir payer autant que le possesseur d’une BMW Série 5 dernier cri ! Et que dire des voitures de collection !

Dans cette affaire, l’écologie a bon dos. Le malus écologique existe déjà depuis le Grenelle de l’Environnement sous forme d’une taxe qui s’ajoute à celle de la carte grise lors de l’immatriculation du véhicule.

En décembre dernier, le gouvernement et sa majorité UMP ont enrichi le code des impôts d’un nouvel article. Ils ont créé un second malus, annuel cette fois-ci, et se rapprochant déjà de la vignette.

Cette taxe concerne les véhicules dégageant plus de 250 grammes de CO2 par kilomètre. Chaque année, les propriétaires devront verser 160 €, qui s’ajouteront au malus versé lors de l’immatriculation.

Faut-il donc se préparer à un troisième malus ?

La facilité avec laquelle le gouvernement trouve des milliards pour les banques et les entreprises est d’autant plus déconcertante que les citoyens sont, eux, traités à l’inverse. Et parmi eux, il en est qui sont de véritables vaches à lait : les automobilistes.

A suivre, car il se dit en haut lieu que la décision pourrait être annoncée après les élections européennes et entrer en vigueur au 1er janvier 2010.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 22 mai 2009

Nous avons échappé, cette semaine, à un péril majeur fort heureusement conjuré par un professionnalisme policier exemplaire : six fonctionnaires répartis en deux équipages sont intervenus héroïquement, mardi soir, aux portes de l’école primaire de Floirac en Gironde pour interpeller deux malfaiteurs soupçonnés de vol de vélos. Ils étaient âgés respectivement de 6 et 10 ans.

Embarqués dans le panier à salade, les bébés flingueurs ont été conduits manu militari au commissariat. L’histoire ne dit pas si au cours de la garde à vue, comme il est d’usage, les enfants se sont retrouvés nus, à quatre pattes, invités à tousser pour vérifier si l’affaire avait quelque fondement.

Mais s’agit-il d’un dérapage de policiers trop zélés ? Même Frédéric Lefèvre, porte parole de l’UMP, dont la pondération et la finesse des propos sont au moins habituellement comparables à des tirs tendus de grenades lacrimogènes, a avoué que « l’arrestation d’un enfant de 6 ans soupçonné d’un vol de vélo à la sortie de l’école n’était pas acceptable ».

Rappelez-vous donc les propos de Sarko appelant de ses vœux un dépistage, dès l’école maternelle, des futurs délinquants. Et son obsession d’abaisser l’âge de la responsabilité pénale et donc de l’incarcération de mineurs grâce à une réforme du code pénal et de l’ordonnance de 1945, comme si la prison avait la moindre chance d’intégrer des jeunes en perdition, alors qu’elle se révèle être une école de la dépravation et du crime. A ce jour, près de 650 mineurs croupissent derrière les barreaux.

Qui n’est pas atterré quand il entend au JT de 20h00 qu’un adolescent a poignardé son professeur pour une remontrance ou l’un de ses camarades pour un regard de travers ? La possibilité de fouiller les élèves à l’entrée des établissements à été évoquée, cette semaine. Qui peut croire que la généralisation d’un régime policier puisse régler une situation, qui conduit des ados à avoir à ce point aussi peu de sens de la vie et des autres qu’ils aillent jusqu’à transgresser le plus élémentaire des principes de fondement de la civilisation humaine. Que retiendront les deux enfants de Floirac de leur rencontre avec la police ? Une leçon de civisme ou une humiliation qui peut laisser des traces ?

Une société qui craint ses jeunes est malade.

Ils sont son avenir et le leur ne saurait se préparer en garde à vue.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 15 mai 2009

Le cabinet d’expertise Secafi-Alpha mandaté par le CCE de Continental a rendu son rapport sur la situation du groupe et sur sa stratégie.

Il est terriblement éclairant.

Ainsi la fermeture programmée du site de Clairoix y est qualifiée de « délocalisation rampante ». La compétitivité du producteur de pneus n’est , en effet, pas menacée mais des documents font apparaître que l’ambition de Continental est d’accroître la part de sa production dans les pays à bas coûts pour la porter à 64,5%.

Ainsi la liquidation de l’usine de l’Oise vise à accroître la production dans les établissements de Püchov en Slovaquie, de Timisoara en Roumanie et de Otrokovice en République Tchèque.

Dès 2005, l’objectif de 60% du taux de production dans les régions low costs de la planète était annoncée. Le rapport précise que ce point a été acquis en 2008 et « ne semble être qu’une étape intermédiaire vers des objectifs économiquement plus ambitieux mais socialement désastreux ».

La Secafi montre également comment Continental a « plombé » l’usine de l’Oise afin de pouvoir l’accuser d’être trop chère. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer cet aspect ici.

Le rapport relève enfin que la somme d’environ 50 millions d’€ prévue pour financer la liquidation de Clairoix est notoirement insuffisante pour faire face aux exigences de reclassement des salariés licenciés, de ré-industrialisation du site et de dépollution. Le besoin est estimé à 200 millions d’€.

Reste une question lancinante devant cet effroyable gâchis industriel, social et humain annoncé : depuis plusieurs années, Continental ment sur ses objectifs réels. Il s’applique à couler son usine de Clairoix, tout en brouillant les cartes avec notamment ce fameux accord du retour aux 40 heures. Au final, il n’existe aucune raison économique à la fermeture, juste une volonté de délocaliser vers des terres où la main d’œuvre pourra être exploitée au moindre coût afin d’accroître les marges et les dividendes des actionnaires.

Nous savons donc qu’il ruse, qu’il ment et pourtant, il pourrait fermer tout de même au prix de quelques centaines de millions d’€ qu’il récupèrera sur le dos des salariés roumains, tchèques et slovaques, tel un délinquant qui paierait pour effacer ses délits et échapper au châtiment. Comment est-ce possible ? Et bien oui, c’est possible et les pouvoirs publics, censés être garants de l’intérêt général, regardent impuissants et finalement complices. Car la société fonctionne ainsi : le capital décide, l’Etat et les citoyens s’exécutent.

Le 28 mai prochain à l’Assemblée nationale, les députés communistes soumettront au débat et au vote une proposition de loi visant à empêcher ces licenciements et ces pratiques scandaleuses.

L’heure de vérité sonnera pour ces parlementaires qui versent des larmes de crocodiles sur Continental mais sont les chantres de cette société libérale qui permet ce carnage.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 15 mai 2009

Une enquête sur le travail et l’assiduité des 577 députés au Palais Bourbon est parue à la fin du mois d’avril.

Les deux députés UMP du Compiégnois figurent parmi les 50 premiers bonnets d’âne.

Lucien Degauchy est 48ème. Il n’est intervenu que 3 fois en 2 ans en séance publique ; jamais en commission où il ne met pas les pieds (évidemment la télé n’est pas là !). Il n’est l’auteur d’aucune proposition de loi, d’aucun rapport parlementaire. Il a juste posé 43 questions écrites au gouvernement depuis 2007.

François Michel Gonnot le bat très largement. Il est 32ème. Il n’est intervenu qu’une seule fois en séance et autant en commission. Il n’est l’auteur d’aucune proposition de loi et d’aucun rapport parlementaire. Il s’est contenté de 20 questions écrites au gouvernement en deux ans.

Au regard de ce qu’ils apportent à leurs circonscriptions pour lesquelles le bilan se révèle tout aussi maigre, nous sommes en droit de nous demander : à quoi servent-ils ?

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 15 mai 2009

Si vous doutiez des méfaits des lois du marché envahissant tous les rouages de la société, je verse une nouvelle pièce au dossier : les numéros de téléphone surtaxés.

Du 3949 au 0892, des numéros Azur aux Indigo, il existe un grand nombre de numéros dits « spéciaux », tous à des tarifs différents, variables du simple au quintuple et même au-delà, selon que l’on appelle d’une ligne fixe classique France Télécom, d’une box ou d’un mobile.

Cette pratique s’est étendue aux services publics et aux organismes sociaux : Caisses d’Allocations Familiales, Caisses d’Assurance Maladie, Pôle Emploi, SNCF, Centre Impôts Service, hôpitaux… Les tarifs varient de 12 centimes la minute à 45 centimes alors que la minute au tarif normal est facturée 2 ou 3 centimes. En outre, les temps d’attente et la nécessité de renouveler l’appel faute d’interlocuteur disponible gonflent la facture.

Ainsi un appel vers le Pôle Emploi, structure issue de la fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC, peut-être facturé jusqu’à 28 fois plus cher au demandeur d’emploi, selon qu’il a appelé d’un téléphone mobile plutôt que d’un téléphone fixe.

Ce racket concerne, en premier lieu, les populations les plus en difficulté et les prive de la connaissance et du bénéfice de leurs droits car, à ce niveau de tarification, elles peuvent renoncer à engager leurs démarches.

Les opérateurs et éditeurs empochent, de cette manière, par an, 2,5 milliards d’€ avec la complicité des services publics.

Le gouvernement a affiché son intention d’y mettre bon ordre. C’est fait et quelle efficacité ! Il demande aux opérateurs, entreprises et services utilisateurs d’annoncer, en début d’appel, aux usagers le montant de la tarification appliquée. Cela va faire une belle jambe aux chômeurs tentant de joindre le Pôle Emploi. Le racket continue donc !

Le pire est qu’une loi du 21 juin 2004 portant sur « la confiance dans l’économie numérique » prévoyait que, chaque année, un décret déterminerait la liste des services sociaux mettant à disposition du public des numéros d’appels gratuits depuis des téléphones fixes et mobiles. Cinq ans après, aucun décret n’est encore paru.

Ajoutons- le cynisme n’a pas de bornes- que chaque entreprise, chaque service public jouant grâce au 08 avec le porte monnaie des populations dispose de numéros normaux (01, 02, 03…) au tarif normal mais qu’il ne les communique plus. Un site internet, Geonumbers, mettait à disposition des internautes les numéros normaux correspondant aux numéros surtaxés. Depuis quelques jours, sur la pression des opérateurs téléphoniques et des entreprises, le site a disparu de la toile.

Elle n’est pas belle la société capitaliste de la « concurrence libre et non faussée » ? Et le gouvernement qui voudrait juste un peu plus de transparence.

Les belles âmes !

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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