A dix jours des européennes, comment mieux mobiliser ses électeurs que les autres formations politiques et caracoler fièrement en tête le soir
du 07 juin? Telle est l’équation que l’UMP entend résoudre.
La réponse élyséenne n’a pas tardé : en remettre un coup sur la sécurité.
Ainsi avons-nous eu droit, cette semaine, à un de ces délires savamment orchestrés. Il fallait d’abord planter le décor. Cela tombait
bien : un élève venait de poignarder son prof de math près de Toulouse. Et tout le monde s’y est collé : Fillon, Alliot-Marie, Darcos et Woerth.
Il a été question d’installer des portiques à l’entrée des établissements, de fouiller les élèves au corps, d’inspecter les cartables, de faire
des directeurs, des principaux et des proviseurs des officiers de police judiciaire, de créer une police pour les écoles….. et j’en passe.
Pourquoi, pendant que nous y sommes, ne pas installer des miradors tenus par des vigiles en armes flanqués de chiens policiers ? L’avantage
est que ce dispositif permettrait d’illustrer avantageusement un cours d’histoire contemporaine.
Pour conclure, Zorro Sarko, devant un parterre de policiers, a appelé à la mobilisation générale. Le stratagème sécuritaire fonctionnera-t-il
donc, une nouvelles fois, dans les urnes. La réalité pourrait, à la longue, en avoir raison.
Voici, en effet, sept ans que Sarko nous annonce que, tel Héraclès, il allait terrasser l’hydre de l’insécurité et de la délinquance.
Rappelez-vous : la racaille et tout le toutim…
Mais comment diable est-il encore possible que, sept ans après, l’insécurité ait pu résister aux croisades sarkozyennes, après avoir fait voter
un nombre incalculable de lois renforçant la répression et remplissant les prisons ?
Peut-être tout simplement parce que tout ce ramdam n’est que de la com. électorale, du vent, de la poudre aux yeux, que par ailleurs, le tout
répressif n’a jamais rien réglé nulle part ; pire la politique mise en œuvre, en dégradant la vie quotidienne d’un nombre croissant de familles, détruit, chaque jour, davantage du lien
social et fertilise, du même coup, le terreau de la délinquance.
En l’occurrence, ce n’est pas l’école qui pose des problèmes à la société, mais l’inverse.
Les grosses ficelles électorales sarkozyennes pourraient bien être usées, à terme, jusqu’à la corde.