Vendredi 5 juin 2009

L’Assemblée nationale a donc eu à se prononcer, mardi dernier, sur les trois propositions de lois des députés communistes, déjà évoquées ici. La principale d’entre elles visait à interdire les licenciements pour les entreprises qui réalisent des bénéfices, distribuent des dividendes et délocalisent.

Sur 483 votants, 184 ont voté pour ; 299 ont voté contre. Parmi ces derniers, 289 députés UMP, dont François Michel Gonnot et Lucien Degauchy.

Pour la petite histoire, Lucien Degauchy s’est, dans un premier temps, trompé de bouton et voté pour. Il s’est empressé de faire rectifier son vote.

Ces deux-là sont donc définitivement discrédités. Leurs larmes de crocodiles sur le sort des Conti apparaissent pour ce qu’elles sont : de l’hypocrisie.

 

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 29 mai 2009

L’Assemblée nationale a examiné, jeudi, les propositions de lois communistes relatives en particulier à l’interdiction de licencier pour les entreprises qui réalisent des bénéfices et distribuent des dividendes, à la redistribution des richesses.

Ces questions sont au cœur de l’actualité. L’hémicycle était pourtant désert et les députés UMP une poignée seulement.

Les textes seront soumis au vote, mardi prochain. Il sera particulièrement intéressant de connaître le vote des députés UMP de l’Oise. Je crains qu’il n’établisse clairement leur duplicité : des larmes de crocodile face aux licenciements quand ils sont dans leur circonscription, un soutien franc et massif aux licencieurs quand ils siègent au Palais Boubon.

A suivre.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 29 mai 2009

Après six mois de détention, Julien Coupat est sorti de prison. Il demeure sous le régime d’un contrôle judiciaire serré, assigné à résidence en Ile-de-France, interdit de séjour à Tarnac et de contact avec ses huit co-mis en examen.

Quelles charges pèsent contre lui ? Il est en examen pour « destruction en réunion et direction  d’une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », autant de crimes passibles des assises.

Mais sur quels faits établis, sur quelles preuves tangibles s’appuient ces accusations ? L’avantage d’une procédure relevant de la lutte anti-terroriste, outre une garde à vue de 96 heures dans un premier temps, est que tout est couvert par le secret d’Etat. C’est la justice d’exception, le retour aux lettres de cachet de l’ancien régime.

Depuis le surgissement, au petit matin dans le village de Tarnac, de 150 policiers armés jusqu’aux dents, Julien Coupat est affublé des vocables de « leader charismatique et idéologique » d’un groupe clandestin « anarcho-autonome ». Lui et ses amis appartiendraient à l’ « Ultra gauche », un concept créé pour l’occasion, destiné à la réminiscence de la bande à Baader et des brigades rouges.

Le 3 décembre, le chef de l’unité de coordination de la lutte antiterroriste déclarait que « le groupe Coupat avait organisé des sabotages et que l’intention de paralyser le pays ne faisait pas de doute ». Bref, ces gens-là menaceraient gravement l’ordre social.

Mais sont-ils, oui ou non, pour commencer, les saboteurs des caténaires de TGV à l’origine du western de Tarnac ? « La question ne sera pas posée ». Au final, il apparaît de plus en plus clair que le gouvernement a instrumentalisé Coupat et les siens pour, une fois de plus, se donner une image d’efficacité, de pourfendeur du désordre, mettre en garde tous ceux qui s’aviseraient de contester l’ordre établi. A cette aune-là, les Conti, les Caterpillar, les Goodyear et tous les autres sont des terroristes en puissance. Cela va faire du monde en garde à vue et un surcroit de surpopulation carcérale.

La disproportion entre les charges qui pèsent sur Julien Coupat et les moyens déployés par l’Etat montre en tout cas qu’un gouvernement qui recourt à de tels coups tordus n’a ni la force, ni la solidité qu’il prétend afficher.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 29 mai 2009

A dix jours des européennes, comment mieux mobiliser ses électeurs que les autres formations politiques et caracoler fièrement en tête le soir du 07 juin? Telle est l’équation que l’UMP entend résoudre.

La réponse élyséenne n’a pas tardé : en remettre un coup sur la sécurité.

Ainsi avons-nous eu droit, cette semaine, à un de ces délires savamment orchestrés. Il fallait d’abord planter le décor. Cela tombait bien : un élève venait de poignarder son prof de math près de Toulouse. Et tout le monde s’y est collé : Fillon, Alliot-Marie, Darcos et Woerth.

Il a été question d’installer des portiques à l’entrée des établissements, de fouiller les élèves au corps, d’inspecter les cartables, de faire des directeurs, des principaux et des proviseurs des officiers de police judiciaire, de créer une police pour les écoles….. et j’en passe.

Pourquoi, pendant que nous y sommes, ne pas installer des miradors tenus par des vigiles en armes flanqués de chiens policiers ? L’avantage est que ce dispositif permettrait d’illustrer avantageusement un cours d’histoire contemporaine.

Pour conclure, Zorro Sarko, devant un parterre de policiers, a appelé à la mobilisation générale. Le stratagème sécuritaire fonctionnera-t-il donc, une nouvelles fois, dans les urnes. La réalité pourrait, à la longue, en avoir raison.

Voici, en effet, sept ans que Sarko nous annonce que, tel Héraclès, il allait terrasser l’hydre de l’insécurité et de la délinquance. Rappelez-vous : la racaille et tout le toutim…

Mais comment diable est-il encore possible que, sept ans après, l’insécurité ait pu résister aux croisades sarkozyennes, après avoir fait voter un nombre incalculable de lois renforçant la répression et remplissant les prisons ?

Peut-être tout simplement parce que tout ce ramdam n’est que de la com. électorale, du vent, de la poudre aux yeux, que par ailleurs, le tout répressif n’a jamais rien réglé nulle part ; pire la politique mise en œuvre, en dégradant la vie quotidienne d’un nombre croissant de familles, détruit, chaque jour, davantage du lien social et fertilise, du même coup, le terreau de la délinquance.

En l’occurrence, ce n’est pas l’école qui pose des problèmes à la société, mais l’inverse.

Les grosses ficelles électorales sarkozyennes pourraient bien être usées, à terme, jusqu’à la corde.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 22 mai 2009

La lutte des producteurs de lait est une leçon de choses sur le fonctionnement du capitalisme d’aujourd’hui et ses effets.

Le prix du lait s’est effondré. Il était de 30 à 33 centimes le litre payés aux producteurs en avril 2008. Il se situe à présent entre 21 et 23 centimes, niveau imposé par les entreprises de traitement du lait, très largement en dessous des coûts de production. A ce tarif, les éleveurs travaillent à perte.

On croit d’abord marcher sur la tête, car, en l’occurrence, c’est l’acheteur qui fixe son prix.

Imaginez-vous : vous vous rendez chez votre boulanger et vous déterminez vous-même le prix de la baguette de pain. « Aujourd’hui, je vous la paie 0,50 € ; demain, nous verrons ! » Hallucinant ! C’est pourtant comme cela que l’on fonctionne avec les producteurs de lait.

Vous pourriez vous dire : ils n’ont qu’à vendre leur production à des acheteurs plus offrants. Vous avez tout faux ! Les entreprises de l’agro-alimentaire et de la grande distribution ne sont qu’une poignée et ils s’entendent comme larrons en foire. Impossible de leur échapper, tant elles sont en situation de monopole. Rien à voir avec la liberté d’entreprise, la concurrence libre et non faussée, la loi de l’offre et de la demande. Elles font la loi, imposent leurs règles et leurs tarifs.

Vous pourriez également penser : « Si le prix d’achat du lait baisse, je vais donc le payer moins cher dans mon supermarché ». Vous avez encore tout faux ! Le prix à la vente n’a pas bougé, voire il peut même augmenter.

Ce qui préside au choix, c’est l’accroissement de la marge qui permettra aux multinationales d’augmenter la rémunération de leurs actionnaires.

Les victimes sont les producteurs et les consommateurs. Il est urgent de fixer des règles qui limitent ces empiètements de pouvoir du capital sur toute la société. La détermination des prix du lait aux éleveurs doit tenir compte des coûts de production. A son origine, la politique agricole commune avait pour mission d’assurer l’écoulement des productions au juste prix et d’en garantir la fourniture aux consommateurs dans des conditions équitables. L’Europe en devenant cette zone sans règle, qui permet aux géants de l’industrie et de la finance d’imposer les leurs, tourne le dos à ses engagements de départ. Nous voyons où cela nous mène.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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