Vendredi 10 juillet 2009

La proposition de loi visant à étendre le travail dominical, en débat à l’Assemblée nationale depuis le 7 juillet, se révèle pour ce qu’elle est : une usine à gaz.

Il s’agit, d’une part, d’accroître les possibilités de dérogation afin d’ouvrir les commerces de grande distribution, le dimanche. Dans ce cas, les salariés volontaires seraient payés double.

D’autre part, l’objectif est de permettre les ouvertures systématiques du dimanche dans les communes touristiques. Dans ce cas, les salariés ayant obligation de travailler seraient rémunérés comme tous les autres jours de la semaine.

Premier problème : qu’est ce qu’une commune touristique ? Selon que vous preniez en compte la définition du code du travail ou du code du tourisme, vous n’en obtenez pas le même nombre ; 497 villes dans un cas, près de 6000 dans l’autre.

Les députés UMP rivalisent, dès lors, d’amendements d’une subtilité de jésuite pour se sortir de cet imbroglio.

Au final, tout cela pourrait bien finir devant le Conseil constitutionnel car comment justifier que des salariés travaillant le dimanche, selon les zones où ils exercent, soient traités différemment, les uns volontaires étant payés double, les autres contraints non. Nous sommes face à une rupture de l’égalité, ce qui est anticonstitutionnel.

Quant au fond, nous sommes devant un projet qui marquerait une régression sociale considérable.

En France, le principe d’un jour hebdomadaire chômé fixe remonte à 1906. C’est un mouvement social initié en 1890, notamment par les employés des grands magasins, qui a conduit à cette législation. Suivra, en 1919, la loi sur les 8 heures de travail quotidien. Il s’agit donc d’un recul d’un siècle.

Il est clair, en outre, que les grands bénéficiaires seront les géants de la distribution, tandis que les petits commerces seront condamnés à disparaître. Le gouvernement s’est bien gardé de la moindre évaluation à ce sujet.

Enfin, cette proposition de loi en dit long sur la conception que la droite sarkozyenne se fait de la société. Tout doit s’y mesuré à l’aune d’une unité de valeur unique : le marché. Dans ce cadre, la consommation devient le vecteur tout aussi unique de l’activité humaine.

Je consomme donc je suis.

A ceci pris que pour consommer, il faut que nos concitoyens en aient les moyens. Or, le pouvoir d’achat est en berne et les plans de licenciements, qui ne cessent de tomber, ne laissent guère augurer d’une embellie.

A quoi bon donc passer son week end au centre commercial ?

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 10 juillet 2009

Quelle mouche à donc piqué le PDG d’EDF qui vient de manifester son souhait d’une augmentation de 20% des tarifs de l’électricité ?

J’ai du mal à croire qu’une telle initiative ait pu être prise sans l’aval de l’Etat, qui est majoritaire à 70% dans le capital du groupe.

C’est une tactique bien connue, qui consiste à mettre la barre très haut, à semer l’effroi chez les usagers, pour obtenir au final une hausse médiane mais déjà très élevée que les abonnés accueillent alors avec soulagement, considérant que la flambée aurait pu être bien pire.

Rappelons, pour mémoire, à M. Gadonneix, qui cherche de l’argent, qu’EDF n’a pas hésité à dépenser 20 milliards € pour le rachat de British Energy et de l’américain Constellation.

Il est évident que la hausse demandée serait une ponction insupportable dans le porte-monnaie des Français mais aurait aussi des effets désastreux pour les PME fragilisées par la crise.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 10 juillet 2009

La fête de la Batellerie à Longueil-Annel est désormais un rendez-vous annuel attendu. Il se déroulait le week end dernier et j’y ai passé un excellent moment. Il s’agit à la fois de la perpétuation d’une tradition et d’un formidable rassemblement populaire et culturel, où se mêlent l’univers de la batellerie, la liesse et les spectacles de rue.

Il n’y a pas photo : entre un dimanche chez Carrefour et un dimanche à la fête de la Batellerie, j’ai choisi.

Je ne résiste pas au plaisir de vous dire que la plage de Thourotte est en service durant tout le mois de juillet. Elle offrira à celles et à ceux, enfants et parents, qui n’auront pas la chance et les moyens de partir en vacances le bénéfice de cet espace estival de loisirs et d’animation.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : THOUROTTE NOTRE VILLE
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Vendredi 3 juillet 2009

Le gouvernement a publié au Journal officiel, vendredi dernier, son projet de redécoupage des circonscriptions électorales.

Au départ, la volonté « officielle » affichée était d’ajuster les délimitations en prenant en compte les évolutions démographiques, la dernière modification datant du charcutage Pasqua en 1986. L’intention était donc louable.

Mais il fallait être naïf pour y croire. La droite charcutière n’a pas perdu la main.

A l’arrivée, parmi les 33 circonscriptions supprimées dans 29 départements, 10 sont actuellement détenues par l’UMP, 22 par la gauche (19 PS, 2 Verts, 1 PCF). En outre, 21 nouvelles circonscriptions sont créées en métropole concernant 17 départements. Enfin 11 seraient réservées aux Français résidant à l’étranger. Sur la base des résultats des dernières élections présidentielles, cela conduirait à envoyer à l’Assemblée nationale 9 députés de droite et 2 de gauche.

A cela s’ajoute une refonte de 285 circonscriptions avec des découpages géographiques folkloriques dont on se demande bien à quelles logique et cohérence territoriales ils peuvent bien correspondre. Cela me rappelle le temps où la 1ère circonscription de l’Oise, celle de Marcel Dassault à l’époque, partait de Beauvais et s’étirait jusqu’à Coudun. A noter que, cette fois-ci, l’Oise n’est pas concernée par la confection du pâté d’alouette.

Nous connaissions le bouclier fiscal pour les plus riches ; voici le bouclier électoral pour leurs représentants.

 

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 3 juillet 2009

Continental aura constitué un modèle du genre. Mais en observant les scénarii dans toutes les entreprises promises à la liquidation, il est aisé de s’apercevoir que partout sont utilisés les même trucs et astuces.

1- Donnez les commandes à une autre usine. Choisissez de préférence un site à l’étranger où la main-d’œuvre est  bon marché. Ce sera déjà cela de gagné. Ensuite, ne conservez dans le site que vous voulez liquider que des productions à faible valeur ajoutée ou un seul type de production parmi les moins rentables. Vous pourrez faire la démonstration que cette usine et ses salariés coûtent trop cher.

2- Mettez beaucoup d’argent de côté. Le terme technique est « provisionner ». Ces fonds vous permettront de financer le plan social et, en même temps, de plomber les comptes de l’entreprise. Ainsi vous montrerez qu’elle n’est décidemment pas rentable.

3- Transférez les profits vers d’autres usines. Cela s’appelle le « transfert de marge ». Cela consiste à donner les bénéfices d’une usine A à une autre usine B appartenant au même groupe. C’est simple. Le site A vend à prix coûtant ses produits au site B. Ensuite le site B vend ses produits sur le marché à leur prix réel. C’est donc le site B qui réalise la marge bénéficiaire, tandis que le site A voit son chiffre d’affaires fondre à vue d’œil. Il est alors aisé d’affirmer que ce site A ne peut que disparaître.

4- N’avouez jamais et niez en bloc jusqu’au jour J. Ne dites jamais que vous préparez un plan social. Niez si les syndicats ont la puce à l’oreille. Mais n’hésitez pas à envoyer des signes sur les résultats catastrophiques de la « boîte ». Rallonger la durée du temps de travail en gage de l’avenir de l’usine. Faites circuler des rumeurs. Le jour J, les salariés ainsi préparés, se diront : « Ca devait finir comme ça ».

5- Dupliquez la production avant la fermeture du site. Ouvrez une usine jumelle qui produira exactement la même chose et pourra prendre le relai immédiatement ou accroissez la production à l’équivalent dans une usine existante. Choisissez de préférence à l’étranger : Chine, Inde, Europe de l’Est.

6- Laissez vieillir l’usine et diminuer les investissements. Cela vous permettra de montrer qu’elle n’est décidemment pas rentable.

7- Faites un stock de secours en prévision de la grève. Cela vous évitera de vous retrouver dépourvu lorsque la grève sera venue. C’est plus facile que de dupliquer la production comme indiqué plus haut mais aussi plus risqué car les salariés peuvent avoir l’idée de bloquer la sortie du dit stock. Cela vous laisse tout de même un peu de temps, sans perdre d’argent.

8- Laissez le contribuable payer l’addition. L’idéal, c’est la liquidation judiciaire. Plutôt que de tenter de renflouer votre usine que vous avez volontairement coulée, déposez le bilan et laissez la justice prononcer le redressement, puis la liquidation. Ce seront alors les contribuables qui paieront salaires et indemnités aux salariés, via le fond de garantie. Au bout du compte, c’est la collectivité qui paie le plan social.

Futé, non ?

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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