Le gouvernement a pour objectif de transformer la Poste, aujourd’hui propriété de l’Etat, en société anonyme.
Elle ne sera ouverte qu’à des capitaux publics, nous assure-t-on. C’est un processus identique qui a conduit à la privatisation de France Télécom et de Gaz de France.
Dans ce dernier cas, le Président de la République d’aujourd’hui, alors ministre, avait juré que GDF ne serait pas privatisé.
Nous connaissons la suite et les consommateurs mieux que quiconque, puisqu’ils ont eu à subir l’augmentation du prix du gaz destiné à rémunérer les actionnaires. Le même scénario se dessine pour la Poste.
Nous devrions pourtant considérer les exemples éclairants de nos voisins européens où la Poste a été livrée aux appétits de la finance. En Suède, la privatisation est intervenue en 1993. Depuis cette date, 90% des bureaux de poste ont été fermés et le prix du timbre a augmenté de 50% pour les particuliers.
Une logique similaire est déjà à l’œuvre en France sur la pression des instances européennes réclamant libéralisation des services postaux.
Depuis 2002, 6100 bureaux de poste sur 17000 ont été fermés ou transformés en agences postales communales ou commerciales et 5000 emplois postiers ont disparu.
Le changement de statut correspond à une intention clairement affirmée de poursuivre ce dépeçage.
La Poste assure un service public irremplaçable qui contribue à l’aménagement du territoire, à l’accès égal de tous à un même service en milieu urbain comme rural.
Les Français y sont attachés. La consultation par vote qui leur est proposé sur la voie publique, comme à Thourotte, cette semaine, pour s’opposer à ce projet de casse, rencontre un grand succès. Le gouvernement peut être mis en échec.