François Fillon a donc, ce jeudi, présenté officiellement le projet de restructuration des armées.
Il a, du coup, sonné le glas du Régiment de Marche du Tchad, qui quittera Noyon pour Colmar en 2011.
Il n’y avait plus guère de suspens à ce sujet. En réalité, voilà bien longtemps que la messe est dite.
Le gouvernement et les députés UMP dans les circonscriptions concernées n’en n’ont pas moins joué la montre, nourrissant ici et là des espoirs qu’ils savaient sans lendemain.
De ce point de vue, Gonnot a excellé dans cet exercice. Un peu trop d’ailleurs pour que l’arnaque ne soit pas visible, tel un char Leclerc dans une rue étroite.
Repassons-nous le film.
Le 26 juin 2007, Sarkozy adresse sa feuille de route à Jean-Claude Mallet, conseiller d’Etat, qui présidera la commission chargée d’élaborer le livre blanc.
Dans ce courrier, nous pouvons lire : « Vous étudierez la pertinence du format des armées et leurs implantations… »
D’entrée de jeu, nous sommes donc prévenus. Il s’agit de tailler dans le vif avec en toile de fond la réforme des politiques publiques et la volonté de diminuer drastiquement les dépenses.
La commission procèdera à de nombreuses auditions entre le 4 octobre et le 22 novembre 2007.
Sarkozy avait, dans un premier temps, demandé que le rapport lui soit remis début mars 2008.
Cette échéance sera repoussée pour cause d’élections municipales. Imaginez les dégâts si la fermeture des régiments avait été rendue publique avant le scrutin.
Cela veut dire que le sort de Noyon et de tous les sites concernés étaient scellés avant l’échéance des municipales.
Les parlementaires auront connaissance du livre blanc à la fin du mois de mai et Sarkozy présentera la nouvelle stratégie de défense et de sécurité de la France le 17 juin.
Et donc Gonnot nous la joue depuis le début. Rappelez-vous : lors des municipales, il nous explique que si la gauche l’emporte à Noyon, s’en est fini du RMT.
Il sait alors que les dés sont déjà jetés. Il ne peut pas ne pas être informé. Deux parlementaires UMP siègent à la commission.
Battu aux municipales, il accuse la nouvelle municipalité de ne pas présenter de projet pour sauver la garnison. Ils multiplient les allers et venues médiatisées chez Morin, chez Fillon, à l’Elysée. Mais il y a longtemps que le départ des militaires de Noyon est réglé.
Il nous fait encore miroiter l’installation d’un autre régiment moyennant l’engagement financier des collectivités territoriales. Si Noyon veut des militaires, qu’elle se les paye ! Un comble.
« Une journée noire pour la Picardie » titre-t-il jeudi dernier sur son blog et de rappeler toutes ses gesticulations pour donner le change. Evidemment, au final, tout est de la faute de la gauche. Si c’était vrai, il faudra nous expliquer pourquoi Compiègne, pourtant à droite, perd son école d’Etat major.
Cerise sur la gâteau : c’est grâce à lui que Noyon va obtenir 8 millions € sur les 320 millions € prévus au niveau national au titre de la compensation.
Voilà, en réalité, des mois que le député comique troupier se paie la tête des noyonnais. Et ceux-là l’ont bien compris aux municipales.
Suggérons-lui de se délocaliser à Colmar avec le RMT, bien que je ne veuille aucun mal aux alsaciens.commentaires (0) créer un trackback recommander
