Vendredi 3 juillet 2009

Le gouvernement a publié au Journal officiel, vendredi dernier, son projet de redécoupage des circonscriptions électorales.

Au départ, la volonté « officielle » affichée était d’ajuster les délimitations en prenant en compte les évolutions démographiques, la dernière modification datant du charcutage Pasqua en 1986. L’intention était donc louable.

Mais il fallait être naïf pour y croire. La droite charcutière n’a pas perdu la main.

A l’arrivée, parmi les 33 circonscriptions supprimées dans 29 départements, 10 sont actuellement détenues par l’UMP, 22 par la gauche (19 PS, 2 Verts, 1 PCF). En outre, 21 nouvelles circonscriptions sont créées en métropole concernant 17 départements. Enfin 11 seraient réservées aux Français résidant à l’étranger. Sur la base des résultats des dernières élections présidentielles, cela conduirait à envoyer à l’Assemblée nationale 9 députés de droite et 2 de gauche.

A cela s’ajoute une refonte de 285 circonscriptions avec des découpages géographiques folkloriques dont on se demande bien à quelles logique et cohérence territoriales ils peuvent bien correspondre. Cela me rappelle le temps où la 1ère circonscription de l’Oise, celle de Marcel Dassault à l’époque, partait de Beauvais et s’étirait jusqu’à Coudun. A noter que, cette fois-ci, l’Oise n’est pas concernée par la confection du pâté d’alouette.

Nous connaissions le bouclier fiscal pour les plus riches ; voici le bouclier électoral pour leurs représentants.

 

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 3 juillet 2009

Continental aura constitué un modèle du genre. Mais en observant les scénarii dans toutes les entreprises promises à la liquidation, il est aisé de s’apercevoir que partout sont utilisés les même trucs et astuces.

1- Donnez les commandes à une autre usine. Choisissez de préférence un site à l’étranger où la main-d’œuvre est  bon marché. Ce sera déjà cela de gagné. Ensuite, ne conservez dans le site que vous voulez liquider que des productions à faible valeur ajoutée ou un seul type de production parmi les moins rentables. Vous pourrez faire la démonstration que cette usine et ses salariés coûtent trop cher.

2- Mettez beaucoup d’argent de côté. Le terme technique est « provisionner ». Ces fonds vous permettront de financer le plan social et, en même temps, de plomber les comptes de l’entreprise. Ainsi vous montrerez qu’elle n’est décidemment pas rentable.

3- Transférez les profits vers d’autres usines. Cela s’appelle le « transfert de marge ». Cela consiste à donner les bénéfices d’une usine A à une autre usine B appartenant au même groupe. C’est simple. Le site A vend à prix coûtant ses produits au site B. Ensuite le site B vend ses produits sur le marché à leur prix réel. C’est donc le site B qui réalise la marge bénéficiaire, tandis que le site A voit son chiffre d’affaires fondre à vue d’œil. Il est alors aisé d’affirmer que ce site A ne peut que disparaître.

4- N’avouez jamais et niez en bloc jusqu’au jour J. Ne dites jamais que vous préparez un plan social. Niez si les syndicats ont la puce à l’oreille. Mais n’hésitez pas à envoyer des signes sur les résultats catastrophiques de la « boîte ». Rallonger la durée du temps de travail en gage de l’avenir de l’usine. Faites circuler des rumeurs. Le jour J, les salariés ainsi préparés, se diront : « Ca devait finir comme ça ».

5- Dupliquez la production avant la fermeture du site. Ouvrez une usine jumelle qui produira exactement la même chose et pourra prendre le relai immédiatement ou accroissez la production à l’équivalent dans une usine existante. Choisissez de préférence à l’étranger : Chine, Inde, Europe de l’Est.

6- Laissez vieillir l’usine et diminuer les investissements. Cela vous permettra de montrer qu’elle n’est décidemment pas rentable.

7- Faites un stock de secours en prévision de la grève. Cela vous évitera de vous retrouver dépourvu lorsque la grève sera venue. C’est plus facile que de dupliquer la production comme indiqué plus haut mais aussi plus risqué car les salariés peuvent avoir l’idée de bloquer la sortie du dit stock. Cela vous laisse tout de même un peu de temps, sans perdre d’argent.

8- Laissez le contribuable payer l’addition. L’idéal, c’est la liquidation judiciaire. Plutôt que de tenter de renflouer votre usine que vous avez volontairement coulée, déposez le bilan et laissez la justice prononcer le redressement, puis la liquidation. Ce seront alors les contribuables qui paieront salaires et indemnités aux salariés, via le fond de garantie. Au bout du compte, c’est la collectivité qui paie le plan social.

Futé, non ?

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Vendredi 3 juillet 2009

Nous avions connu les emprunts Pinay, Giscard, Balladur. Nous en retiendrons qu’ils ont tous été très coûteux pour la France.

Voici donc l’emprunt Sarko pour financer les investissements durables. A chaque fois, la cause est noble et historique. L’atterrissage est beaucoup plus douloureux.

Selon un sondage Ifop-journal du dimanche – M6, 82% des Français affirment ne pas avoir l’intention d’y souscrire. Même dans les rangs de la droite, le scepticisme s’affiche.

Sur le niveau global de l’opération, si aucun montant n’a pas été officiellement évoqué, il est beaucoup question de 80 à 100 milliards €, ce qui serait colossal.

Evidemment, les parlementaires de la majorité qui se lamentent sur les déficits et sur la dette publics pour justifier de tailler dans les dépenses sociales se retrouvent un peu en porte-à-faux.

Est-ce donc bien raisonnable ? Rappelons, pour mémoire, que l’Etat a fourni déjà 105 milliards € aux banques embourbées dans leurs aventures boursières sans contre-partie. Le montant de l’emprunt serait donc quasi équivalent. Faramineux !

Et puis, n’oublions pas que les exonérations sociales et fiscales accordées aux entreprises s’élèvent à 150 milliards € par an sans effet positif sur l’emploi et l’investissement, comme ne cesse de le dire la Cour des comptes. Ne cherchons pas l’argent. Il existe, prenons-le !

Pour finir, qui va donc souscrire à l’emprunt Sarko ? Sans doute les bénéficiaires du bouclier fiscal, tels ces 2398 contribuables qui se sont vus, l’an dernier, rembourser par l’Etat 50 000 € chacun sur leurs impôts.

Ce gauchiste de Marini a proposé au Sénat que les plus riches soient contraints de souscrire. Cela voudrait donc dire que, dans un premier temps, au titre du bouclier fiscal, l’Etat rembourse de l’argent aux riches, lesquels le redonnent à l’Etat, qui au final les remboursent à nouveau avec les intérêts de l’emprunt en plus. Pas si gauchiste que ça Marini car, en définitive, ce sont les plus riches qui y auront gagné.

Le gouvernement a dit non. Il craint que les riches le vivent comme un nouvel impôt. Les pauvres !

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 19 juin 2009

Les députés et les sénateurs sont donc convoqués en congrès par sa majesté Sarko Ier, le 22 juin à Versailles, pour entendre un discours du trône. Le président roi inaugure la nouvelle disposition dont il a doté la Constitution à son avantage. Auparavant, il ne pouvait s’exprimer devant les parlementaires.

Nous avons donc certes des institutions assez uniques parmi les démocraties du monde avec un pouvoir exécutif bicéphale : président – premier ministre. Jusqu’à présent toutefois, elles obéissaient à une certaine logique : le président élu au suffrage universel direct par les français n’était, par conséquent, responsable que devant eux. Il revenait au gouvernement de rendre des comptes devant la représentation nationale, qui avait et a toujours le moyen de le censurer. Mais Sarko s’en fout. A présent, nous avons un dispositif que tous les juristes constitutionnels estiment ubuesque.

Le Président peut donc s’exprimer devant le Parlement, mais députés et sénateurs ne peuvent débattre avec lui. Il parle, puis il s’en va. L’échange se déroule après, sans vote. Juste, en définitive, une opération de communication qui, en l’occurrence, se poursuivra, quelques jours plus tard, par le remaniement ministériel. Nous aurons, une nouvelle fois, Sarko tous les soirs au JT de 20 heures, à l’heure du dîner, en auto-invité à notre table.

Nul doute qu’il roulera des mécaniques, fier du score de l’UMP aux européennes. Formidable ! Le parti du président a rassemblé 10% des électeurs inscrits. De quoi bomber le torse, non ? Et les 90% autres ?

Le personnage d’Alfred Jarry, le père Ubu, débute la pièce, dont il est le ridicule héros, par un « merdre » retentissant. Il a, à l’évidence, fait un émule.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 19 juin 2009

Après Continental et Goodyear, c’est au tour de Michelin, le géant français du pneumatique, d’annoncer la liquidation de près de 1100 emplois dans notre pays.

Nous avons tous en tête l’argumentaire de Continental pour justifier la liquidation de Clairoix. Le site n’était pas assez compétitif et les ouvriers coûtaient trop cher. Aussi la multinationale allemande préférait-elle investir et embaucher en Roumanie, Slovaquie et République Tchèque.

De la même manière, nous apprenons que Michelin a pour projet d’investir un milliard d’euros afin de créer une usine et près de 2000 emplois dans le Sud-est de l’Inde.

Jusqu’à quand tolérons-nous la destruction de notre potentiel industriel par ces multinationales pour la seule rémunération d’actionnaires avides et au prix de l’exploitation de salariés de pays à bas coûts de main-d’œuvre ?

Les députés communistes ont proposé de légiférer pour empêcher ce pillage. La majorité UMP a choisi son camp en votant contre.

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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