Vendredi 25 juillet 2008

François Fillon a donc, ce jeudi, présenté officiellement le projet de restructuration des armées.

Il a, du coup, sonné le glas du Régiment de Marche du Tchad, qui quittera Noyon pour Colmar en 2011.

Il n’y avait plus guère de suspens à ce sujet. En réalité, voilà bien longtemps que la messe est dite.

Le gouvernement et les députés UMP dans les circonscriptions concernées n’en n’ont pas moins joué la montre, nourrissant ici et là des espoirs qu’ils savaient sans lendemain.

De ce point de vue, Gonnot a excellé dans cet exercice. Un peu trop d’ailleurs pour que l’arnaque ne soit pas visible, tel un char Leclerc dans une rue étroite.

Repassons-nous le film.

Le 26 juin 2007, Sarkozy adresse sa feuille de route à Jean-Claude Mallet, conseiller d’Etat, qui présidera la commission chargée d’élaborer le livre blanc.

Dans ce courrier, nous pouvons lire : « Vous étudierez la pertinence du format des armées et leurs implantations… »

D’entrée de jeu, nous sommes donc prévenus. Il s’agit de tailler dans le vif avec en toile de fond la réforme des politiques publiques et la volonté de diminuer drastiquement les dépenses.

La commission procèdera à de nombreuses auditions entre le 4 octobre et le 22 novembre 2007.

Sarkozy avait, dans un premier temps, demandé que le rapport lui soit remis début mars 2008.

Cette échéance sera repoussée pour cause d’élections municipales. Imaginez les dégâts si la fermeture des régiments avait été rendue publique avant le scrutin.

Cela veut dire que le sort de Noyon et de tous les sites concernés étaient scellés avant l’échéance des municipales.

Les parlementaires auront connaissance du livre blanc à la fin du mois de mai et Sarkozy présentera la nouvelle stratégie de défense et de sécurité de la France le 17 juin.

Et donc Gonnot nous la joue depuis le début. Rappelez-vous : lors des municipales, il nous explique que si la gauche l’emporte à Noyon, s’en est fini du RMT.

Il sait alors que les dés sont déjà jetés. Il ne peut pas ne pas être informé. Deux parlementaires UMP siègent à la commission.

Battu aux municipales, il accuse la nouvelle municipalité de ne pas présenter de projet pour sauver la garnison. Ils multiplient les allers et venues médiatisées chez Morin, chez Fillon, à l’Elysée. Mais il y a longtemps que le départ des militaires de Noyon est réglé.

Il nous fait encore miroiter l’installation d’un autre régiment moyennant l’engagement financier des collectivités territoriales. Si Noyon veut des militaires, qu’elle se les paye ! Un comble.

« Une journée noire pour la Picardie » titre-t-il jeudi dernier sur son blog et de rappeler toutes ses gesticulations pour donner le change. Evidemment, au final, tout est de la faute de la gauche. Si c’était vrai, il faudra nous expliquer pourquoi Compiègne, pourtant à droite, perd son école d’Etat major.

Cerise sur la gâteau : c’est grâce à lui que Noyon va obtenir 8 millions € sur les 320 millions € prévus au niveau national au titre de la compensation.

Voilà, en réalité, des mois que le député comique troupier se paie la tête des noyonnais. Et ceux-là l’ont bien compris aux municipales.

Suggérons-lui de se délocaliser à Colmar avec le RMT, bien que je ne veuille aucun mal aux alsaciens.
par Patrice Carvalho publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 25 juillet 2008

En 1998, j’avais obtenu du gouvernement une importante diminution du seuil d’application des surloyers dans le parc HLM. L’objectif était d’assurer la mixité sociale et de briser la ghettoïsation de nos cités. Cette démarche devait être reprise dans la loi « solidarité et renouvellement urbains » (SRU).

Ces avancées sont aujourd’hui mises en cause par Christine Boutin, ministre du logement et de la ville. Quand sainte Christine entend « mixité sociale », elle doit croire qu’on est échangiste.

A partir du 1er janvier 2009, les ménages dont les revenus dépassent 20% des plafonds de ressources paieront un surloyer. 140 000 foyers seront concernés, soit 5 à 7% de l’ensemble des locataires HLM rackettés chaque année ainsi de 300 millions €.

Le retour de ces surloyers va pénaliser les classes moyennes, qui vivent encore dans les HLM, sans pour autant leur permettre de pouvoir accéder à un appartement dans le privé au-dessus de leurs moyens.

Après la flambée de l’énergie, des denrées alimentaires et des charges locatives, le « surloyer Boutin » va représenter une nouvelle ponction sur le pouvoir d’achat.

Bonjour le « travailler plus pour gagner plus » qui pourra avoir pour effet d’entraîner l’application d’un surloyer qui annulera l’éventuel complément de salaire dû aux heures supplémentaires.

A cela s’ajoute la décision de baisser de 10% les plafonds de ressources pour accéder à un logement social. Ainsi, des locataires qui jusqu’à maintenant se trouvaient sous le seuil du plafond de ressources vont se retrouver au-dessus. Et ceux qui étaient légèrement au-dessus risquent mécaniquement de passer dans la zone du dépassement de 20% et de payer le « surloyer Boutin ».

Au final, ces mesures auront pour conséquence de concentrer les plus pauvres dans les cités ghettos tandis que le pouvoir d’achat de ceux qui ont un peu plus que ceux qui n’ont rien subira une nouvelle saignée et les mettra dans les plus grandes difficultés pour pouvoir se loger.

Prochaine étape pour Christine Boutin : la mise en cause du seuil de 20% de logements sociaux imposé par la loi SRU aux communes de plus de 3 500 habitants. Ainsi donc les riches continueront de se pavaner dans leurs ghettos Auteuil-Neuilly-Passy et les pauvres dans les leurs.
« Chacun chez soi et Dieu pour tous » d’après l’Evangile selon Boutin.

par Patrice Carvalho publié dans : POLITIQUE NATIONALE
commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 25 juillet 2008

Renault vient d’annoncer la suppression de 5 000 à 6 000 emplois en Europe, dont un millier sur le site de Sandouville.

L’argument utilisé pourrait l’être par toutes les entreprises en quête d’accroissement de leurs marges. Ainsi sont évoqués les prix du pétrole, ceux des matières premières nécessaires à la production, la crise financière et la régression des marchés.

Renault argue, en outre, que l’objectif de 3,3 millions de véhicules vendus en 2008 ne sera pas atteint.

Pourtant les résultats du premier semestre 2008 s’élèvent à 1,467 milliards € contre 1,073 au premier semestre 2007. Le chiffre d’affaires progresse de 2,3% à 20,942 milliards €. Enfin la marge opérationnelle, autrement dit l’indice de profit, augmente de 19,8% à 865 millions €, soit 4,1% du chiffre d’affaires contre 3,5% en 2007.

Les syndicats notent que ces résultats pourraient être meilleurs encore si la stratégie industrielle était plus conquérante, la gamme plus diversifiée.

Au fait, et si on restructurait les dividendes versés aux actionnaires ? Avec mes excuses pour tant d’impertinence !

Peugeot pourrait annoncer le même scénario, avec ses 733 millions € de bénéfices nets au premier semestre 2008, en hausse de 49%.
Mêmes causes, mêmes effets… même remède !

par Patrice Carvalho publié dans : POLITIQUE NATIONALE
commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 25 juillet 2008

Sarko Ier a donc obtenu, à deux voix près, l’adoption de sa réforme institutionnelle au Congrès du Parlement, lundi dernier.

Félicitations pour leur courage aux 6 députés UMP qui ont osé voter non : Henry Cuq, Guy Geoffroy, François Goulard, Jean-Pierre Grand, Jacques Leguen et Jacques Myard, au seul sénateur UMP qui a bravé la colère élyséenne, André Lardeux.

Ils ont dû affronter les chantages et les menaces, du style : « Allô, je voulais faire le point avec toi sur la situation de ta circonscription en prévision du redécoupage électoral… »

Notons que tous les parlementaires UMP de l’Oise ont voté oui.

Bravo à Christiane Taubira, la seule députée radicale de gauche qui a voté contre et repoussé les cadeaux sarkozyens.

Pas de commentaires sur le oui de Jack Lang et l’abstention de Michel Charasse, qui ont offert sur un plateau sa petite victoire à Sarko Ier.
Ils n’en sortiront pas plus grands non plus.

par Patrice Carvalho publié dans : POLITIQUE NATIONALE
commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 18 juillet 2008

« L’Etat, c’est moi ! » répliqua sèchement Louis XIV aux magistrats du Parlement de Paris, qui s’avisaient de contester ses décisions.

Sarko a donc décidé, avec toute la modestie qui le caractérise, de marcher sur les traces du Roi Soleil.

La réforme institutionnelle, sur laquelle le Congrès du Parlement aura à se prononcer, lundi prochain, à Versailles (clin d’œil de l’histoire ?) donne la mesure de cette confiscation du pouvoir.

Mais à cette tentative de coup d’Etat destinée à consacrer la suprématie du Président Roi s’ajoutent des pratiques relevant d’une république bananière. Berlusconi, à côté, a les allures d’un enfant de chœur.

Le sommet aura été atteint avec l’épilogue de la saga Tapie.

L’Etat va verser à ce dernier 395 millions d’€ au titre du « manque à gagner » lors de la vente, en 1994, d’Adidas par le Crédit Lyonnais, 45 autres millions d’€ pour « préjudice moral » (vous avez bien lu !) et 111 millions d’intérêts de retard.

Nanard pourra ainsi payer ses dettes à ses créanciers, au fisc, à l’URSAF, conservera son hôtel particulier à Saint Germain des Prés. Il lui restera 40 millions d’€.

Et qui a décidé cela ? La justice ? Pas du tout. Trois personnalités ont été invitées à donner leur avis : Pierre Mazeaud, ex-Président du Conseil Constitutionnel, Pierre Estoup, Président à la retraite de la Cour d’Appel de Versailles et Jean-Denis Bredin, avocat, ex-dirigeant du PRG, le parti de Tapie. Ils se sont constitués en tribunal arbitral pour rendre cette décision. Il est évidemment totalement incroyable qu’un contentieux traité par les tribunaux publics, jusqu’à la Cour de cassation, soit tranché par une structure sans fondement de droit, sans contrôle et sans possibilité d’appel. Et cette décision intervient avant que la justice ne se prononce à l’évidence défavorablement contre Tapie.

Nos trois « sages » en outre auront perçu 300 000 € chacun pour ce jugement ubuesque.

Et c’est bien l’Etat qui paiera à travers le CDR (Consortium de Réalisation), un organisme d’Etat, chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais.

Notons, au passage, que la somme que percevra Tapie équivaut à la totalité de tous les salaires annuels de 15 000 postes d’enseignants qui seront supprimés l’an prochain ou encore au montant du déficit de tous les hôpitaux publics.

Nanard va toucher 45 millions d’€ de préjudice moral, soit cent fois plus que ce qui peut être attribué à la conjointe d’un salarié de l’amiante décédé.

Mais telle est la récompense de Sarko à Tapie pour avoir appelé à voter pour lui à la présidentielle.

Ajoutons que ce « bidonnage » intervient avant le vote du Congrès sur la réforme institutionnelle. Les parlementaires radicaux de gauche font l’objet de toutes les attentions. Ils pourraient, en effet, détenir la clé du scrutin.

Ainsi Jean-François Hory, ancien président du PRG, vient d’être nommé au Conseil d’Etat. Puis Sarko a annoncé que le seuil de 20 députés pourrait être abaissé à 15 pour permettre aux radicaux de constituer un groupe à l’Assemblée nationale. Jean-Michel Baylet, président du PRG, ne se sent plus de joie et trouve la réforme de Sarko exemplaire.

Au final, tout cela serait destiné à fédérer les radicaux de Borloo, ceux de Baylet et Tapie, en y ajoutant les quelques socialistes, qui mangent déjà dans la gamelle sarkozyenne, en vue des élections européennes de 2009 pour « emmerder la gauche » et contenir une possible débâcle de la droite.
Et tout cela se passe en France ! Vous ne rêvez pas !

par Patrice Carvalho publié dans : POLITIQUE NATIONALE
commentaires (0)    créer un trackback recommander

Patrice CARVALHO

Vice Président  du Conseil Général de l'Oise

Président de la CC2V

Maire de Thourotte

 

INVESTIR

Faut-il que la vérité nous assaille

Pour que nous soyons plus précis

Ou encore combien de batailles

Pour que l’avenir soit investi

 

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus