Vendredi 30 octobre 2009

Les repentis et les convertis, avec la foi des néophytes, fournissent souvent les plus beaux bataillons d’orthodoxes et d’intégristes.

Il en est ainsi d’Eric Besson, ancien socialiste, qui a cédé aux délices du sarkozysme et qui met en œuvre la politique de son maître avec la foi du charbonnier.

Propulsé ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, un intitulé qui fleure bon le pétainisme, il ne rechigne à aucune (basse) besogne.

A l’exemple de son mentor, qui hier fermait Sangate abandonnant les trottoirs de Calais aux réfugiés afghans et irakiens ainsi chassés, il a eu à cœur de « nettoyer la jungle» en produisant les mêmes effets que celui qui s’était livré à la même opération.

Et voilà qu’ à présent, il se glorifie d’avoir expulsé vers Kaboul trois afghans, en nous laissant croire que leur sécurité était assurée sur place.

C’est tout juste s’il ne nous a pas annoncé que le pôle emploi allait leur trouver du boulot et leur verser les assedic à l’atterrissage du charter. Chacun sait bien que l’Afghanistan, pays en guerre, gangrené par la corruption et menacé par les talibans, est un véritable Club Med pour les réfugiés de retour.

Mais le zèle de M. Besson n’a pas de limites. Il nous a annoncé, dans la foulée, un grand débat à l’échelle du pays sur l’identité nationale.

En l’occurrence, cette dernière vient d’être sérieusement écornée car la France avait pour tradition de ne jamais expulser des réfugiés vers des pays en guerre.

C’est ainsi que nous avons accueilli autrefois des républicains espagnols quand leur nation était en proie à l’offensive du franquisme et plus récemment des irakiens, notamment des catholiques chaldéens menacés par les islamistes.

Le gouvernement veut parler d’identité nationale. Je dis chiche !

Qu’en est-il, par exemple, de l’identité française quand nous la voyons délibérément sacrifiée sur l’autel de l’Europe du traité de Lisbonne et de la mondialisation libérale ?

Qu’en est-il quand nos industries sont bradées, vampirisées, puis dépecées par des multinationales apatrides œuvrant en toute impunité au nom de la « concurrence libre et non faussée » ?

Qu’en est-il quand nos entreprises publiques sont livrées aux privatisations, aux appétits de la finance, de la rentabilité à court terme et aboutissent à faire autant de cas de leurs salariés que chez France Télécom ?

Qu’en est-il quand nos services publics, telle la Poste, sont promis au même sort ?

Qu’en est-il quand le code du travail est piétiné, notre pacte social fondé sur la solidarité mis en cause, chaque jour davantage ?

Ceux qui historiquement se sont réclamés à l’identité nationale sont le plus souvent les mêmes qui l’ont le plus menacée. Les envolées pétainistes de Sarkozy (cette semaine, sur le thème de la terre) et de Besson devraient faire réfléchir de ce point de vue.

L’un des ressorts essentiels du pétainisme consistait à présenter une politique de capitulation comme une régénération nationale. Le déguisement en révolution nationale de la soumission du sarkozysme au capitalisme mondialisé s’y apparente.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
- Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 23 octobre 2009

Venons-nous de connaître l’épilogue du feuilleton « EPAD- Sarkozy junior », qui nous est infligé depuis deux semaines ? Le fiston a donc jeté l’éponge : il ne sera pas président de la Défense qui regroupe 2500 sièges d’entreprises et qui doit à terme rivaliser avec la city de Londres.

Dommage, le jeunot avait trouvé, grâce à papa, un job en or. Déjà élu conseiller général à Neuilly dans un canton taillé sur mesure, digne d’une baronnie de l’ancien régime, il s’apprêtait à connaître une fulgurante promotion, en se retrouvant à la tête d’un établissement en contact direct avec les géants de la finance. Excellent pour les besoins des futures campagnes, les siennes et celles de son géniteur.

Mais voilà, la fièvre médiatique s’est emparée de l’affaire. L’opinion publique a considéré que l’Elysée poussait le bouchon un peu loin dans la voie du népotisme, quand le chômage des jeunes explose, y compris pour les plus diplômés.

Le problème n’est pas que le prince Jean, comme le surnomme la presse britannique, soit jeune et inexpérimenté, qu’il « glande » en fac péniblement en deuxième année de droit à 23 ans. Le problème est qu’alors que papa s’adresse, dans le même temps, aux lycéens pour leur dire que désormais le succès ne dépendra plus de la naissance ou de la fortune mais de l’effort et du travail, il propulse son rejeton, champion de l’absentéisme universitaire, à une fonction dorée.

Dans les monarchies occidentales-il en reste-les rois et les reines ont à cœur que leur descendance soit exemplaire, poursuive les meilleures études qui soient, se retrouvent confrontés à la discipline et à l’effort. Voyez les princes britanniques, William et Harry.

Sarkozy vient de nous faire une démonstration digne, non d’une monarchie, mais d’une république bananière. Mais ne-sommes nous pas dans le prolongement de l’épisode du Fouquet’s par lequel il a ouvert son quinquennat, du yacht de l’ami Boloré, des vacances dans un palais de bord de mer aux Etats-Unis ? Une attitude de nouveau riche. Même si le prince Jean a épousé la fille du fondateur des magasins Darty, le contrat de confiance de Sarko père et des français vient d’en prendre un coup.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
- Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 23 octobre 2009

Le Congrès des maires de l’Oise réuni à Clermont, samedi dernier, a connu un record d’affluence. Les élus sont évidemment inquiets, au-delà de leurs engagements politiques respectifs, face à la suppression, dès l’an prochain, de la taxe professionnelle et à la réforme des collectivités territoriales présentée par Sarkozy cette semaine. D’ores et déjà, nous savons que la fin de la taxe professionnelle se traduira par un manque à gagner pour les collectivités de 6 milliards €. Comme d’habitude, le gouvernement nous promet des compensations. Nous savons ce qu’il en est, notamment au département et à la région, auxquels de nombreuses compétences ont été transférées sans que les moyens ne suivent.

Les communes vont se retrouver face à des dilemmes insurmontables : renoncer à des investissements utiles, diminuer les services rendus à la population ou augmenter les impôts des ménages.

Quant à la réforme des collectivités, elle tend à éloigner les lieux de décisions des citoyens. Ainsi en particulier l’intercommunalité est-elle appelée à supplanter les communes, cette originalité française d’une démocratie au plus près des populations. L’objectif du gouvernement est justement de transformer les collectivités en relais de la politique de l’Etat, le plus simple, à cette fin, étant de faire en sorte que les habitants n’aient plus prise sur les décisions qui les concernent. Ils seront tout juste bon à payer.

Je viens d’écrire à Alain Vasselle, président de l’Union des maires de l’Oise et par ailleurs sénateur. Je lui demande que l’Union des maires s’engage dans la lutte contre ces deux projets. Pas de double langage, l’un ici, l’autre à Paris, au Sénat et à l’Assemblée nationale. J’adresse le même message aux autres parlementaires du département.

 

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
- Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 23 octobre 2009

Le député Gonnot est venu balader la tête de liste UMP aux régionales, Caroline Cayeux, sur les terres de la 6ème circonscription de l’Oise.

Ils ont eu la chance de pouvoir être reçus au centre hospitalier de Compiègne, ce qui avait été refusé, en 2004, à la tête de liste communiste. Sans doute la direction de l’établissement a-t-elle considéré qu’il s’agissait d’une urgence !

Mme Cayeux s’est également rendue dans plusieurs entreprises. Elle a omis Continental. Dommage, elle aurait pu prendre connaissance des propositions de la cellule de reclassement aux 1120 licenciés de l’usine de pneumatiques et de la promotion faite auprès des nouveaux chômeurs de la culture des escargots comme job d’avenir. Si, si vous ne rêvez pas, c’est ce qui a été proposé à un certain nombre d’entre eux. Qui va doucement, va surement.

Enfin, Mme Cayeux est allée sur le site de la future déviation de la RN 32 avec le député Gonnot, car la région en est l’un des financeurs. Bravo pour le culot ! Gonnot, qui n’a rien fait pour ce projet lorsque la droite était aux commandes, qui s’est appliqué à le saboter depuis que je suis en charge des routes au Conseil Général, déambuler entre Ribécourt et Noyon, il fallait le faire. Ils l’ont fait.

Les électeurs sauront établir la différence entre ceux qui travaillent à défendre leurs intérêts et à préparer l’avenir et les bateleurs de foires électorales pour qui la politique est une rente.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
- Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 9 octobre 2009

La semaine s’achève sur l’image de ce qu’est devenu le débat politique en France.

Marine Le Pen, dans la plus pure tradition de l’extrême-droite qui consiste à substituer au débat d’idées la déconsidération de l’adversaire politique, a cru bon d’exhumer un ouvrage de Frédéric Mitterrand paru en 2005. Il y fait état de son recours à l’amour tarifé auprès de jeunes hommes de Thaïlande.

Tout cela n’a certes rien de bien glorieux. Mais il faut être clair : ou ces aveux constituent la reconnaissance de faits délictueux ou criminels, auquel cas M. Mitterrand doit en rendre compte devant un tribunal, et nous ne pouvons que nous étonner qu’il n’ait pas été traduit lors de la parution de l’ouvrage, ou il n’en est rien et, alors, le silence s’impose.

Frédéric Mitterrand est pour moi un adversaire politique, mais je n’ai jamais confondu l’affrontement idéologique et l’atteinte aux personnes et à leur vie privée.

Il est regrettable que des dirigeants socialistes aient fait écho aux bassesses du Front national.

Mais cet abaissement du débat politique à la hauteur du caniveau n’est-il pas le résultat de l’anémie qui le frappe par le fait que les forces politiques candidates à l’alternance ont désormais toutes en commun la conviction que la loi du marché est indépassable ?

Ne survit donc plus que la politique spectacle vidée de tout contenu, une sorte de téléréalité où la médiocrité s’étale et révèle le vide désormais abyssale de la pensée.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
- Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés