Lundi 23 novembre 2009
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Il est plaisant – je n’ai pas dit « rassurant » - d’entendre Sarkozy, Fillon et Lagarde nous expliquer que la reprise est là et
qu’en France, nous allons nous en sortir bien mieux qu’ailleurs, tant nos banques auraient été plus vertueuses que leurs consœurs étrangères et la manne de l’Etat plus généreuse à leur
égard.
A ce sujet, une étude réalisée par le Cabinet Pricewaterhouse-Coopers dégage trois tendances majeures :
- Les entreprises financières ont connu une augmentation de leurs chiffres d’affaires globale de 14,59% au troisième trimestre de 2009 (40% pour
BNP Paribas, 20,7% pour le Crédit Agricole, 193,1% pour Dexia, 19,2% pour la Société Générale). Elles ont, à l’évidence, repris leurs tripatouillages sur les marchés boursiers, fortes des
milliards d’euros que le gouvernement leur a consentis, car ce n’est pas sur la création des richesses que leur santé fleurit, comme le prouve la suite de la même étude.
- le secteur industriel, en revanche, continue de plonger : chute du chiffre d’affaires de 46,16% pour les matériaux, de 30% dans
l’énergie, de 8,12% dans l’industrie,
- les analystes estiment que les bénéfices des entreprises du CAC 40 vont régresser de 5,7% en 2009, malgré le quadruplement des profits des
banques et des compagnies d’assurance et qu’il est pour le moins hasardeux d’annoncer une embellie pour 2010.
La préoccupation de ces groupes de maintenir le niveau de leurs profits et la rémunération des actionnaires conduira à accélérer les
restructurations, les délocalisations et les licenciements.
Par ailleurs, l’INSEE vient de publier trois études statistiques sur les inégalités. Elles montrent que 20% des ménages les plus aisés disposent
de 40% du revenu disponible, les 20% les plus modestes s’en partagent 8%.Elles établissent que 60% des personnes les plus modestes en 2003 le sont restées tandis que 40% des plus aisées à la même
date ne le sont plus et 36% seulement de la population a conservé son niveau de vie stable. C’est dire combien la précarité des revenus s’est installée, fragilisant tout particulièrement les
couches moyennes.
L’ensemble de ces données fournit une photographie préoccupante de la situation économique de notre pays : les profits spéculatifs
s’enflent et sont déconnectés de l’économie réelle et de la production des richesses, tandis que les inégalités s’aggravent, que le pouvoir d’achat des français chute avec des effets négatifs sur
la consommation, donc sur la croissance et sur une possible reprise.
La dictature de la
finance continue de jouer contre l’investissement industriel, la satisfaction des besoins et le progrès social, tandis que le pouvoir politique se soumet et accompagne les prédateurs. Impuissant
et volontairement soumis, il ne lui reste plus que l’agitation et l’omniprésence médiatiques pour tenter de donner le change. Pour combien de temps ?