Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 15:59

Le sommet de Copenhague, qui se tient dans quinze jours, fait couler beaucoup d’encre et s’activer les chefs d’Etat.

Ils vont venir ; ils seront tous là, soucieux de l’avenir de la planète. Sarko court partout, s’agite (mais quand ne s’agite-il pas ?). Obama devrait être là, porteur du bilan catastrophique des Etats-Unis en matière de gaz à effet de serre.

Pourtant, 67% des Français considèrent que ce sommet ne devrait déboucher sur rien de concret. Ils savent ce que valent ces grands moments de com. Ils y ont droit tous les jours ici. Que voulez-vous ? La mode est au vert, alors nos grands hommes (les petits aussi d’ailleurs) s’y mettent. Plus écolo qu’eux, tu meurs ! Le problème est qu’en ce domaine comme en tant d’autres, ils ne sont pas maitres du jeu parce qu’ils ont décidé d’abandonner la partie aux géants de l’industrie, aux monstres de la finance. Et ceux-là se moquent comme d’une guigne de l’état de santé du monde.

Il faut donc faire semblant ! La planète vaut bien une messe.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 15:58

Il est un autre sommet dont il a été peu question et qui vient de se tenir à Rome. Il s’agissait de l’organisation du fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’ordre du jour, autrement dit, était le grave accroissement de la famine dans le monde.

Aucun chef d’Etat ou de gouvernement n’avait fait le déplacement, à l’exception de Silvio Berlusconi, premier ministre italien et puissance accueillante. Et les médias étaient donc absents faute d’images people à vendre.

Pourtant, l’enjeu n’était pas mince : le secrétaire général de l’ONU devait indiquer que la seule journée d’ouverture verrait mourir de faim 17000 enfants sur la planète. La barre du milliard d’êtres humains affamés est en effet désormais franchie.

Les grandes puissances savent se retrouver lorsqu’il s’agit de conjurer la crise financière engendrée par le monopoly capitaliste des banques et des établissements financiers. Elles parviennent à mobiliser en quelques heures les milliards d’euros généreusement offerts aux incendiaires boursiers.

Mais là qu’importe, il n’en va que de la survie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants.

La crise a conduit à une augmentation de 100 % du prix du riz, première denrée alimentaire mondiale. Le blé, le café, le cacao n’ont pas échappé à cette spirale, qui a eu pour conséquence de priver de nourriture des peuples entiers.

Il faut, en effet, savoir que lorsque ces derniers veulent bénéficier de l’aide financière internationale, via le FMI ou la banque mondiale, ils sont incités à abandonner leurs cultures vivrières, celles qui leur fournissent leur alimentation de base, afin de produire des matières premières pour l’éco-industrie occidentale et notamment la production de carburants verts.

Conséquences : les pays occidentaux leur achètent à bas prix les éco-productions et leur vendent au prix fort de quoi se nourrir, d’autant que la spéculation a fait flamber les cours des denrées.

Ajoutons que dans le casino planétaire, 95% des matières premières sont transformées en produits financiers. En six ans, de 2003 à la mi - 2008, les masses investies dans la spéculation en ces domaines sont passées de 13 milliards de dollars à 320 milliards.

La FAO estime pourtant qu’une aide structurelle aux agriculteurs des pays du sud pourrait être efficace si les pays développés faisaient passer leur subvention de près de 8 milliards à environ 44 milliards, soit le niveau moyen des années quatre-vingt.

A Rome, aucune décision n’a été prise. Que voulez-vous ? Le vert est à la mode. Il parvient même à enrichir ceux qui le sont déjà sur le dos des plus pauvres, qui en meurent. C’est pourquoi les chefs d’Etat seront à Copenhague mais n’étaient pas à Rome. L’appétit des riches grandit à mesure que s’accroît la faim des pauvres.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 15:57

L’actualité, cette semaine, aura été occupée par la main de Thierry Henry, au point que nombre de nos politiques ont cru bon d’y aller de leurs commentaires. C’est formidable, ici, les politiques ont un avis sur tout. Pour les uns, il fallait rejouer le match ; pour les autres, l’important était d’être qualifié.

Et bien, je n’ai pas d’avis sur la question.

En tout cas, comme l’écrit le journal Les Echos, nous avons frôlé « l’accident industriel » : la télé de Bouyghes, TF1, a lâché 120 millions € pour diffuser les 64 matchs de la coupe, dont elle a acheté l’intégralité des droits. Imaginez que la France n’ait pas été qualifiée : chute de l’audience, des pubs…Et que dire des vendeurs d’écrans plasma, des brasseurs, des marchands de pizzas, kebabs et hamburgers, des voyagistes qui vont trimballer les supporters français sur place ?

Il y a des coups de main qui vont droit au but.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 15:57

Le député rentier Gonnot s’intéresse au petit commerce du canton de Ribécourt. Il se dit inquiet du développement des surfaces commerciales dans le chef lieu et à Thourotte.

Je ne me rappelle pas avoir entendu le son de sa voix, lorsque Compiègne donnait son aval au développement de la zone commerciale de Jaux-Venette, alors que les commerçants du centre de la cité impériale manifestaient leur inquiétude.

Pendant que le député bateleur s’agite, je travaille avec les élus des deux vallées afin de développer nos zones d’activités. Elles se remplissent d’industries, de commerces, de services et créent des emplois. Nous voulons que nos populations puissent avoir sur place tout ce dont elles ont besoin, sans devoir prendre leur voiture et parcourir des kilomètres pour se ravitailler.

Dans cette logique dynamique, tout le monde a sa place, joue sa partition et nous veillons au maintien de cet équilibre.

Pendant que M. Gonnot crache son venin, nous agissons. Il y a les causeux et les faiseux.

 

Par Patrice Carvalho - Publié dans : 6ème CIRCONSCRIPTION OISE
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 14:02

Il est plaisant – je n’ai pas dit « rassurant » - d’entendre Sarkozy, Fillon et Lagarde nous expliquer que la reprise est là et qu’en France, nous allons nous en sortir bien mieux qu’ailleurs, tant nos banques auraient été plus vertueuses que leurs consœurs étrangères et la manne de l’Etat plus généreuse à leur égard.

 

A ce sujet, une étude réalisée par le Cabinet Pricewaterhouse-Coopers dégage trois tendances majeures :

- Les entreprises financières ont connu une augmentation de leurs chiffres d’affaires globale de 14,59% au troisième trimestre de 2009 (40% pour BNP Paribas, 20,7% pour le Crédit Agricole, 193,1% pour Dexia, 19,2% pour la Société Générale). Elles ont, à l’évidence, repris leurs tripatouillages sur les marchés boursiers, fortes des milliards d’euros que le gouvernement leur a consentis, car ce n’est pas sur la création des richesses que leur santé fleurit, comme le prouve la suite de la même étude.

- le secteur industriel, en revanche, continue de plonger : chute du chiffre d’affaires de 46,16% pour les matériaux, de 30% dans l’énergie, de 8,12% dans l’industrie,

- les analystes estiment que les bénéfices des entreprises du CAC 40 vont régresser de 5,7% en 2009, malgré le quadruplement des profits des banques et des compagnies d’assurance et qu’il est pour le moins hasardeux d’annoncer une embellie pour 2010.

 

La préoccupation de ces groupes de maintenir le niveau de leurs profits et la rémunération des actionnaires conduira à accélérer les restructurations, les délocalisations et les licenciements.

 

Par ailleurs, l’INSEE vient de publier trois études statistiques sur les inégalités. Elles montrent que 20% des ménages les plus aisés disposent de 40% du revenu disponible, les 20% les plus modestes s’en partagent 8%.Elles établissent que 60% des personnes les plus modestes en 2003 le sont restées tandis que 40% des plus aisées à la même date ne le sont plus et 36% seulement de la population a conservé son niveau de vie stable. C’est dire combien la précarité des revenus s’est installée, fragilisant tout particulièrement les couches moyennes.

 

L’ensemble de ces données fournit une photographie préoccupante de la situation économique de notre pays : les profits spéculatifs s’enflent et sont déconnectés de l’économie réelle et de la production des richesses, tandis que les inégalités s’aggravent, que le pouvoir d’achat des français chute avec des effets négatifs sur la consommation, donc sur la croissance et sur une possible reprise.

 

La dictature de la finance continue de jouer contre l’investissement industriel, la satisfaction des besoins et le progrès social, tandis que le pouvoir politique se soumet et accompagne les prédateurs. Impuissant et volontairement soumis, il ne lui reste plus que l’agitation et l’omniprésence médiatiques pour tenter de donner le change. Pour combien de temps ?

Par Patrice Carvalho - Publié dans : POLITIQUE NATIONALE
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